Kelela, Idea 1 & l’afrofuturisme

Vous avez sûrement aperçu le retour spectaculaire de Kelela il y a quelques jours ? Avec son dernier titre « Idea 1 » l’artiste dépasse les frontières musicales et créatives voire même terrestres de son imagination.


Elle a affirmé avoir écrit ce titre lors de sa lecture de l’ouvrage « Parable of the Sower » (1993) de l’autrice afro-américaine Octavia E.Butler. Qui est entre autre, une pionnière de l’afrofuturisme et d’une autre alternative de faire et écrire la science fiction.

Couverture américaine de l’ouvrage


Mais rappelons nous quelques secondes de ce courant littéraire, culturel, pluriel, musical qu’est l’afrofuturisme.

L’afrofuturisme est plus qu’une mode, c’est une vision de franchir et s’affranchir de tout ce qui nous a été imposé dans nos récits, identités et vécus, notamment en tant que personnes noires et afrodescentes. C’est l’ouverture d’une fenêtre des possibilités de mettre en son centre des personnages noirs, venant briser les codes normés et très blancs de la science fiction. C’est aussi des façons alternatives de se mouvoir, se vêtir ou s’incarner loin du possible humain et de l’immanent. Dans l’histoire de la musique, des légendes comme Sun Ra dès les années 50, personnifie le genre. En véritable alien, l’artiste apparaît très en avance sur le temps mais aussi en pratiquant un jazz, au milieu du désert, qui se voulait de communiquer avec la galaxie et ouvrir les portes du cosmos.
Plus tard dans la pop culture, des personnalités comme Janet Jackson, Janelle Monae, Missy Elliott, Solange Knowles et Kelela se réapproprient ce courant via des mondes où elles réimaginent leurs corps, leurs destinées et futurs.

Avec Idea 1, Kelela semble renaître à nouveau. On entrevoit visuellement des inspirations de films notoires de la science fiction et culture populaire tels que la saga X-Men dont les personnages Storm & Jean Grey aussi appelée Phoenix.
Le clip est une ode à un imaginaire bien codé du vaisseau spatial à une transformation métaphysique proche du mutantisme. Kelela rend hommage à un genre à sa manière, à mi-chemin entre la poésie et l’évolution de soi, la meilleure qu’elle soit.

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