Pierre-Alexandre (ACTE III) de CRC : plongeon dans une rencontre avec soi-même

Sorti le 31 mai, deux ans plus tard et à quelques jours près de l’acte II, l’acte III de l’artiste belge vient attester de la profondeur de sa plume et de la véracité de ses émotions.


L’image de l’EP annonçait déjà la couleur : face à lui-même et sa mère, l’artiste n’ose pas faire face complètement à cette image derrière lui. Mais fait acte de présence. Avec un chapelet en main, la foi semble avoir été un bon rempart.
L’image en est presque biblique, un triptyque avec la Mère, l’Homme et Dieu.

CRC avec « Pierre Alexandre III » nous amène vers une douce violence. On plonge dans des traumas d’enfance de l’artiste. Les mélodies adoucissent les mots/maux parfois durent mais sincères.
L’artiste fait un état des lieux de sa trajectoire de vie : il contemple à nouveau sa vie d’enfant, des instants et moments qu’on pense parfois avoir oublié ou dont on ne saisit pas l’impact. Les coups censés nous éduquer avec le titre « TA MAIN », le deuil d’un père et de tous ses manquements, un rapport étriqué avec le monde transcendant voulant échapper au réel.


Et tout le monde y passe : la mère, figure éternelle qui nous poursuit de la naissance à la mort, sa bravoure ou sa lâcheté, son sacrifice souvent pour les siens et les autres.
CRC anatomise la figure parentale, il se met face à ses parents, dans l’Ici et l’au-delà, non plus érigés culturellement et socialement surtout dans nos communautés afrodescendantes, au-dessus de tout. Ils les voient comme ils sont sans remords mais faisant face à des blessures, qu’ils ne voyaient pas plus jeune. Car l’enfant est devenu adulte.

Dès le premier titre « La paix » mon préféré de l’album rappelant « Igor’s theme », l’artiste annonce cette ambivalence qui habillera notre écoute du projet : pardonner sans oublier, grandir alourdi par des manquements, des carences affectives ou matérielles mais surtout émotionnelles. C’est cette recherche éternelle parfois sordide vu les temps qui courent, d’un moment qui aurait pu tout arranger mais qui n’est jamais venu.
Les sons s’enchaînent comme décousus mais sont unis par une introspection sans fin. D’une balade saccadée avec BABY, à TRAÎTRE un one shot de paroles crues, avouant ses faiblesses et ses limites internes.

Enfin, ce projet est plus qu’une renaissance, c’est une prise de conscience personnelle qui parlera à de nombreuses personnes si elles croisent son chemin.

Vous l’aurez compris, Pierre-Alexandre (ACTE III), est une excellente surprise aux vibrations automnales à quelques jours de l’été.

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