Divine & Tata : créatives et créatrices du média GING.HER (Interview)

Qui sont Divine et Tata, les deux jeunes femmes créatrices de la plateforme, du podcast et du média Ging.Her ? Plurielles, complètes, complexes et plus encore, cette interview est l’occasion de les découvrir ou de les redécouvrir au travers d’une belle, longue et dense discussion aussi intime que drôle. Et ce, pour notre plus grand plaisir ! 

(Photographies par Grace Banana (insta : moment_de_grâce/ DA : Grace, Lunaticharlie, Nafi, Divine & Tata)

PZWBonjour, j’espère que vous allez bien ce samedi. Dans un premier temps, j’aimerais que vous vous présentiez à votre manière personnellement ou professionnellement ou pas…Qui êtes-vous ? 

Divine – Bonjour je m’appelle Divine Gounga, j’ai 24 ans, professionnellement ça n’a pas encore commencé, je suis encore dans les études, je fais des études de direction artistique et design graphique et je suis aussi photographe. Et à côté de ça, on essaie de gérer Ging.Her tant bien que mal (rires)

Et tu les fais où tes études ? 

Divine – Dans une école de publicité et communication ! 

Tata – Et moi c’est Tata, j’ai fini mes études il y a un an, j’ai fait un master en médiation culturelle, industries créatives…

C’était pas à Paris 8 ? 

Tata – Paris 3…La pire Sorbonne du monde (rires) et pareil, là je travaille comme community manager mais le but c’est de quitter le salariat et de se focaliser sur Ging.Her.

Tu travailles en agence ou…

Tata – Je travaille pour une marque de cosmétique.

D’accord ! Et comment vous vous êtes rencontrées ? 

Tata – Par le biais d’un ami, Paapi Terry

Divine – En fait il est ami avec Tata depuis très longtemps, je l’ai rencontré via un autre ami avec qui il faisait ses études et au fil de nos conversations il s’est dit que je m’entendrais super bien avec Tata. Vous avez des points de vue vraiment convergents sur pas mal de sujets. Et après on s’est suivies sur Instagram, on “likait” nos posts mutuellement.

« On se trouve, on se redécouvre, on se cherche encore » 

Divine

Tata – On se draguait un peu (rires)

Divine – Et on s’est rencontrées par hasard dans le RER B. On se regardait et j’ai dit “c’est toi ?” et voilà ! 

Et ça fait combien de temps que vous vous fréquentez ? 

Divine – Franchement 3, 4 ans.

Du coup, ça ressemble un peu à la première question mais comment vous vous définiriez en tant qu’individus et personnes ? Oui on rentre dans le vif du sujet (rires) car je sais que l’identité c’est quand même une question importante de votre média 

Divine – Cette question on l’a jamais vraiment verbalisé.

Tata – Parce qu’on a pas encore trouvé la réponse je pense.

Divine – On se trouve, on se redécouvre, on se cherche encore.

Tata – En vrai, je sais même pas comment je me définirais : est-ce que je me définirais seulement sous l’angle d’être une femme noire, d’être une femme musulmane ou d’être issue de la diaspora, franchement c’est tout un tas de questions. Et je sais pas si je suis totalement en phase avec le fait de me définir une identité précise tu vois. C’est quelque chose qui est en constante évolution, c’est toujours plein d’introspections.

Divine – Et moi à l’instant, je dirais pareil que Tatz, c’est en perpétuelle évolution mais je dirais que je suis une individue multiple, une personne multipotentielle, avec plusieurs facettes : je suis à la fois une femme, je suis à la fois une personne noire, je suis à la fois une personne passionnée, je suis à la fois une personne assez complexe, une “control freak” comme tu l’as dit tout à l’heure (rires) et j’essaie de faire en sortes que tout ça soit plus ou moins harmonieux et plus ou moins équilibré. Et voilà, comme je l’ai dit, on se trouve, on se redécouvre, on se pose et voilà, on avance !

Très bien, j’aimerais connaître la définition ou la signification de Ging.Her et aussi comment est né le projet, les questionnements, les buts et c’est pour qui et pourquoi ? 

Tata – Déjà le projet est né sans trop de réflexion en vrai, juste un jour on s’est dit..

Divine – C’était organique tu vois !

Tata – On s’est dit qu’un jour on va faire un podcast et j’étais en mode “bah ouais” et je crois que deux semaines après à l’époque, on allait se prendre des goûters à 25 euros (rires) et du coup on a eu la conversation et le même jour je crois qu’on a commencé à chercher un nom. Et Ging.Her c’est arrivé je ne sais plus comment…

Divine – En fait, on voulait quelque chose qui nous rattachait à l’Afrique, que ce soit par un aliment, un élément…quelque chose. Que l’on comprenne que c’était deux femmes afrodescendantes qui étaient à l’origine du projet et moi j’ai pensé “ginger” et je crois que Tatz a dit “ah mais on ajouterait pas un H pour que ça montre que c’est aussi axé sur les femmes noires ? » et j’ai kiffé l’idée et puis voilà !

Tata – Et je crois qu’on regardait une conférence sur l’Afrique en même temps à Assas.

Divine – Je ne m’en souviens pas.

Tata – Moi je m’en souviens (petit rire) parce qu’on a rien écouté (rires) 

Divine – Et voilà comment est né le projet et je trouvais que ralliait vraiment très bien les deux grosses thématiques du projet et c’est surtout ça rend bien à l’oreille tu vois, “Ging.Her”.

Et Ging.Her c’est bien le gingembre c’est ça ? 

Tata – Ouais, le ginger, la couleur.

Divine : Ginger mais HER !

Et donc, pour qui, pourquoi ? 

Divine & Tatz – Pour les noir.e.s / pour nous d’abord (rires)

Ah, les réponses sont différentes 

Divine & Tatz – Nan mais pour NOUS les NOIR.E.S.

Divine – En fait on voulait quelque chose qui allait résonner avec notre génération, que ce soit dans les conversations, dans les réflexions.

Tata – Dans le format aussi.

Divine – Ging.Her c’est vraiment une plateforme où on va parler des expériences et des pratiques culturelles afrodiasporiques tu vois et on voulait que ce soit quelque chose qui résonne avec notre génération. Mais d’abord, c’est pour nous. Ensuite, si ça plaît à d’autres personnes qui ne sont pas forcément dans le même spectre que nous, tant mieux. Mais la priorité c’est d’abord des personnes qui nous ressemblent.

D’accord, je voulais savoir quelles étaient vos inspirations pour créer Ging.Her et qu’est-ce qui vous inspire aussi personnellement ? 

Tata – Nos inspirations, en termes de podcasts déjà il y a du coup Bobo & Flex, c’est un podcast qui a duré deux ou trois ans. C’était aussi deux femmes afrodescendantes, une aux Etats-Unis et l’autre en Australie qui enregistraient et c’était un peu le même format que Ging.Her sauf que le leur était anglophone et on voulait vraiment quelque chose de francophone parce que dans nos conversations, on ressentait beaucoup qu’on parlait de podcasts, mais c’était toujours en anglais et les podcasts français, c’était une génération au-dessus un peu.

Divine – Oui c’est ça que je voulais dire. On est pas en train de dire qu’on est le premier podcast et que le format c’est nous qui l’avons amené, pas du tout. Il y en avait : il y a Piment, il y avait The Womanist, il y avait The Why mais ce sont des personnes qui ont peut-être dix ans de plus que nous tu vois. Dans la réflexion et même dans les références culturelles, ça allait peut-être pas toujours nous parler ni se retrouver et on s’était dit “bah ce serait trop bien d’avoir un format de deux copines qui parlent à la fois de sujets personnels, à la fois politiques, à la fois culturels ». Après, Bobo & Flex, c’est vrai que le format était hyper intéressant et qu’il se rapproche du nôtre mais elles parlaient beaucoup, beaucoup de relations perso.

Tata – Hommes/Femmes.

Divine – Relations hommes/femmes, nous on y est pas encore.

Humm

Divine – Et on y sera jamais (rires)

Ah mince (rires) ! On en reparle aussi après. Et pourquoi c’est essentiel pour vous d’abord et surtout d’aborder des questions liées aux identités noires, les problématiques aussi ?

Tata – Je pense que c’est aussi pour se réapproprier les “narratives” qu’on a en France, dans les médias mainstream, des cultures noires, des personnalités noires. Il y avait aussi ce truc…quand on a créé Ging.Her on était en plein dans le COVID et les seules narratives de personnes noires, de cultures noires qu’on avait, c’était hyper violent, hyper agressif, hyper problématique tu vois. Je pense que dès le début on a essayé d’apporter une dimension autre, plus douce peut-être. Et je pense que c’est aussi pour nous explorer nous-mêmes, en tant que personnes noires, ce que ça signifie vraiment de grandir…surtout que moi j’ai grandi en Afrique la première partie de mon enfance.

Ok !

Tata continue – Et ensuite, de “switcher” en France et d’avoir toujours une espèce de double dimension ou une multiculturalité qui des fois peuvent causer un manque de légitimité je pense.

Et t’es arrivée à quel âge en France du coup ? 

Tata – Je suis arrivée à 3 ans, après je suis retournée au Mali jusqu’à mes 8 ans.

D’accord, un long voyage quoi !

Tata – De ouf !

Divine – Et je rajouterai, comme Tatz a dit qu’au delà du fait qu’on voulait nous explorer nous-mêmes, je pense qu’il y a vraiment aussi cette volonté de faire vaciller aussi les imaginaires, on voulait apporter une vision des identités et des expériences afro un peu plus complexe de ce qu’on avait l’habitude de voir et voilà, c’est vraiment né de là.

« Je pense qu’on est un peu privilégiées dans le sens où on a grandi dans des familles qui nous poussaient à développer une sorte de curiosité intellectuelle. Et ça malheureusement ça ne devrait pas être un privilège »

Tata

D’accord et est-ce que vous pensez avoir manqué plus jeunes de modèles culturels, créatifs et intellectuels ou en grandissant ? Et est-ce que vous pensez que vous tentez de devenir vos propres modèles et curseurs de représentation(s) ? 

Divine – Alors, pour ma part je dirais pas que j’en ai manqué, parce que je dirais que j’ai fait preuve d’assez de curiosité pour aller chercher. En vrai, les références elles sont là, les modèles sont là, les exemples sont là, les archives sont là, c’est juste qu’il faut creuser en fait. Je ne dis pas que je suis arrivée au bout, bien au contraire. Mais, si on veut aller au-delà de ce qui est mainstream, de ce qui est populaire, de ce qui est accessible, il faut aller chercher dans l’histoire ou dans la sociologie…

Et tu les as cherchés où ces modèles ? 

Divine – En vrai, c’était sur Internet, c’était sur Youtube. Moi j’ai beaucoup appris à travers les podcasts, de femmes, de femmes politiques, de professeures…je pense notamment à une référence qui m’a beaucoup aidée dans ma « déconstruction » intellectuelle et politique, c’est Maboula Soumahoro.

Maboula Soumahoro. Source : Google Images

Hum hum 

Divine – Elle n’est peut-être pas connue du grand public mais par un public un peu plus confidentiel, un peu plus intellectuel, universitaire…

C’est une référence !

Divine – C’est une référence tu vois. Et je trouve ça dommage vraiment que les gens n’aillent pas plus chercher parce qu’elle est là et qu’elle dit des vérités un peu subversives et qui pourraient vraiment…Moi je sais que quand je l’ai écoutée pour la première fois je me suis dit “mais waouh” genre, elle est hyper radicale. Après moi je l’ai découverte en 2020 donc pour moi à l’époque c’était un peu révolutionnaire, aujourd’hui je sais pas si j’aurais toujours la même approche mais je sais qu’à l’époque ça a vraiment fait un shift. Après c’était important pour moi aussi d’avoir des références françaises. Je sais qu’au lycée, quand j’ai commencé un petit peu à chercher, à lire, c’était beaucoup d’auteurs américains. Je pense qu’il y a des choses à aller chercher chez eux aussi évidemment mais il y aura toujours quelque chose qui va diverger parce qu’on est pas américains tout simplement. Et le fait d’avoir trouvé des auteures noires françaises, africaines, pour moi ça a été un shift aussi. Comme je disais au début, j’en ai pas manqué parce que je suis allée les chercher et pour répondre à ta question, je pense aussi qu’à travers ce qu’on fait avec Ging.Her, j’essaie de devenir la personne que j’aurais peut-être potentiellement voulu voir à mon âge, à cette période.

Tata – Tu voles tout le temps mes réponses ! (rires)

Tu as des choses à ajouter ? 

Tata – J’allais juste rajouter que du coup mon expérience se rapproche beaucoup de la sienne mais je pense qu’on est un peu privilégiées dans le sens où on a grandi dans des familles qui nous poussaient à développer une sorte de curiosité intellectuelle. Et ça malheureusement ça devrait pas être un privilège, mais on est dans une société qui fait que s’en est un et je pense que la paresse intellectuelle, on se conforte dedans aussi.

Et d’ailleurs vos parents font quoi grosso modo ? 

Tata – Ma mère était assistante maternelle et mon père était ingénieur en électricité mais après je sais que ma mère a toujours été passionnée d’histoire tu vois, elle voulait être prof d’histoire donc on a toujours fait énormément de lectures dans ma famille, on a toujours fait des sorties culturelles. Mine de rien, ce sont des choses qui te formatent dans ta complexité ou dans le fait d’être à l’aise ou aller rechercher en dehors de ce que tu connais et de ce que tu as sous les yeux. Et c’est quelque chose qui se ressent dans les références culturelles ne serait-ce que dans la musique, de ne pas attendre à juste écouter des choses qui passent sur MTV, aller chercher des artistes un peu « underground » tu vois.

Et toi du coup Divine, tes parents ? 

Divine – Moi du coup ma mère est aide-soignante et elle a un business à côté, un petit side hustle (rires) et mon père est juriste en assurances et pareil dans le business. Et comme disait Tatz, c’était un privilège d’avoir la chance de grandir dans des familles…Je sais que mon père nous a toujours dit que l’école c’était un plus et que tout se passait vraiment à la maison. Donc, de ce qui était d’aller chercher les informations, se renseigner sur nos pratiques culturelles, historiques c’est quelque chose que je faisais à la maison via mes parents tu vois. Je pense que toute cette réflexion autour du fait de toujours aller chercher un petit peu plus loin, elle vient aussi d’un héritage familial qui n’est pas hérité par tout le monde.

D’accord (rires) et vous avez un peu parlé du podcast mais moi je voulais savoir pourquoi vous avez choisi le podcast comme format au lieu de l’écriture ou de la video par exemple ? 

Interface du podcast de Ging.Her sur Spotify et disponible sur Soundcloud & Apple Music

Tata – (Explosion de rires) Alors je ne sais pas pourquoi on s’est penchées sur le podcast en premier lieu, mais je sais que je ne voulais pas faire de vidéos. Après c’est paradoxal parce que je voulais pas faire de vidéos mais en même temps j’étais un peu réticente au podcast parce que je disais que c’était un format qui résonnait pas forcément avec la cible qu’on voulait atteindre.

Divine – Moi je sais que l’idée du podcast c’est quelque chose qui m’animait depuis un petit moment, parce que j’en écoutais beaucoup. Mais par contre, je ne saurais pas te dire comment j’ai été introduite au podcast, je ne sais pas comment c’est venu…Ah si je sais, c’est Matipa (dont vous pouvez retrouver l’interview accompagnée d’Océane, en cliquant ici), qui m’a introduit au podcast Piment et j’étais fascinée parce qu’il racontait, les angles qu’ils utilisaient pour parler de la cuisine, des voyages, de l’éducation. Et à partir de là, j’en ai cherché en France et aux États-Unis et j’en écoutais vraiment tout le temps et vraiment sur tous les sujets. J’écoutais des podcasts sur la cuisine, alors que je ne suis pas forcément passionnée de cuisine. Et je m’étais dit : “purée j’aimerais trop animer une émission où je parlerai de mon expérience, je parlerai de ce qui m’anime, de ce qui m’inspire aussi”, parce que sur Ging.Her on partage aussi beaucoup de pratiques culturelles, artistiques tu vois et quand on s’était vues avec Tatz ce soir là, on avait l’idée de créer quelque chose. Je lui disais “mais tu sais qu’on va faire un podcast ?” et elle m’a répondu “ouais” (rires). Quand on a commencé à concrétiser la chose, elle me disait : “ouais mais tu sais je suis un peu réticente”, toi en vrai (Tatz) tu écoutes beaucoup de podcasts, mais de personnes qui ont 30 ans. Nous à l’époque, on en avait 20/21 ans. Je lui ai dit qu’en vrai si on impose la chose, les gens vont peut-être suivre et au final, on a réussi à avoir une petite niche qui nous écoute vraiment de manière assez fidèle et on vous remercie pour ça d’ailleurs (une petite hésitation) Après tu nous as demandé pourquoi pas le format vidéo ou le format écriture…

Pourquoi vous étiez réticentes au format vidéo d’ailleurs ? 

Tata – On est un peu timides (rires)

Divine – On allait nous voir.

Et alors ? ET ALORS ?

Divine – Ben tu sais pendant très longtemps Ging.Her, il y avait une petite forme d’anonymat, les gens nous écoutait mais ils ne savaient pas qui on était.

Tata – Après c’était un anonymat qui était cultivé, jusqu’à très récemment on s’est dites “bon faut se montrer un peu quand même”.

Divine – Après on était en mode “il faut absolument pas qu’on nous voit”…

Tata – On voulait pas être le centre enfin on était pas le sujet du podcast.

Divine – Exactement, mais on essaie d’exploiter nos ressources ailleurs, dans le sens où Tatz et moi, de manière individuelle, on aime écrire, on écrit mais on publie pas. Et la vidéo, toutes les deux on aime beaucoup se prendre en photos, on aime beaucoup filmer, faire du montage, c’est du montage Instagram tu vois…

Ah c’est déjà ça ! 

Divine – On aime ça en vrai on sait très bien que dans quelques années, vous nous verrez dans des documentaires. 

Tata – Inchallah ! 

Et comment vous choisissez les sujets de vos podcasts ? 

Tata – C’est souvent instinctif;

Divine – Non ma belle, il y a une liste ma belle !

Tata – Oui il y a une liste mais la liste elle sort de nos imaginaires. 

Divine – C’est vrai ben en vrai c’est là qu’il y a les deux pôles “personnel vs expériences et cultures” dans le sens où on va toujours parler de quelque chose qu’on a vécu tu vois, par exemple on va parler de voyages, on va parler d’éducation, ça part toujours de nous. 

Tata – Après on essaie quand même de diversifier et si par exemple on a fait deux épisodes d’affilée qui étaient purement sur nos expériences personnelles, on va essayer d’avoir un prochain épisode un peu plus politisé, un peu plus culturel.

Divine – Et on va aussi s’inspirer de ce qui se passe autour de nous, par exemple on a fait un épisode sur le film Mignonnes (2020) de Maïmouna Doucouré, c’était contextualisé tu vois et on en a profité pour parler de tout ce qui était éducation, standards de beauté.

Très beau film !

Tata – Très très beau film.

Divine – Donc ouais ça mêle un peu de tout, expériences, culture(s), contexte(s).

J’avais une autre question pour vous : quels sont les défis à relever pour votre média et jusqu’où vous aimeriez emmener vos cibles ? D’ailleurs qui vous suit, votre petite niche ? 

Les deux en même temps – Ce sont des filles/des gens comme nous !

C’est qui vous d’ailleurs ? Parce vous le répétez beaucoup depuis le début

Un petit désordre verbal – On est madame tout le monde, on est des créatives ! (rires)

Divine – On est madame tout le monde mais dans notre écosystème tu vois et notre écosystème en réalité il est assez réduit, ça va mêler de la création, un peu d’artistique, de politique, ça va être un peu de ça. Et en vrai de vrai, ça va être aussi par rapport aux gens qui nous entourent, autour de nous, il y beaucoup de gens qui sont graphistes, il y a des journalistes, il y a des photographes, des gens comme toi.

Je sais que Matipa avait parlé de “Paris Créatif Noir”

Divine : On va dire que c’est une antenne du Paris Noir Créatif, quand on dit des gens comme nous ben ce sont des gens qui essaient de s’explorer dans la création, dans la photo, dans l’art de manière générale en se prenant au sérieux à certains moments, d’autres non. 

Et du coup vos défis, les cibles ? 

Tata – Ah il y en a tellement, déjà en vrai si on veut créer un média le premier défi c’est d’être légitime alors que…

Divine – On l’est hein !

Tata – …On a pas de “background” médiatique, journalistique, ça il faut qu’on le crée nous-mêmes.

Divine – Mais tu sais ça c’est quelque chose que j’arrive à déconstruire, parce que pour la petite anecdote : au lycée quand il fallait choisir deux métiers j’hésitais entre…non j’hésitais entre trois métiers, j’hésitais entre : journaliste, directrice artistique et diplomate.

Ah le troisième euh…

Divine – J’ai un peu fait les trois d’un coup, j’ai fait Assas droit et sciences politiques en soi et c’est quand il a fallu…En fait au moment au moment où je voulais partir, je me suis dit “nan en vrai je ne veux pas être diplomate” ça résonne pas tu vois, ça me plaît bien, j’ai appris énormément de choses c’était sympa merci mais ça résonne pas. Donc là je fais un master de DA (direction artistique) mais je sais très bien que le métier de journaliste c’est pas seulement avoir une carte de presse, c’est relier l’information, c’est partager…c’est la culture en fait, c’est ce qu’on essaie de faire. Cette étiquette de média je sais que l’on va se l’approprier et en faire quelque chose.

Tata – D’être légitimes.

Mais vous êtes un média

Divine – À en devenir ! (rires) 

Nan mais en fait quand vous parlez de légitimité mais en fait nan il faut se lever et se dire “wsh je suis un média, wsh je suis journaliste…

Tata & Grâce (la photographe) en chœur – DIT-ELLE !! (rires généraux) 

On ne parle pas de moi, on parle d’elles ! 

Divine – Mais ça c’est un truc que j’ai réussi à déconstruire en me disant que…En fait il y a tellement de médias différents qui naissent de manières tellement diverses aussi qu’en vrai il y a une place aussi pour Ging.Her. Ce que je veux dire c’est pour qu’on soit légitimes globalement, ça va venir.

Mais l’essentiel c’est que ce soit vous qui acceptiez votre statut de média quand même (rires)

Divine – Le défi je ne l’aurais pas placé à ce niveau là, je l’aurais plus placé sur faut qu’on arrive déjà à se mettre “full time” sur Ging.Her, je pense que l’une des ressources qui nous manque pour l’instant c’est le temps à consacrer à Ging.Her dans la mesure où moi je suis encore dans les études, Tatz elle travaille. Au début on s’était dit “nan mais vas-y on va réussir à la créer en sous-marin, en parallèle”, non ! On a pas réussi parce qu’en vrai on a tellement d’ambition(s) et tellement de volonté pour le podcast que ce sont des choses que l’on pourra pas déployer en ayant notre énergie ailleurs tu vois. 

Tata – Et surtout travailler ailleurs, c’est tellement énergivore que j’ai l’impression que mon talent dort chez les autres en fait.

Divine – Ouais c’est ça…

Tata – Et du coup ça résonne pas, il y a une espèce de manque de sens dans ce que je fais.

Divine – Donc le défi ça va être d’avoir le temps, l’argent aussi…

Tata – Le courage de quitter ce qu’on fait, quitter notre confort…

Divine – Ah nan ma belle (rires) dès que je termine mes études il n’y a plus de “oh je cherche un travail ailleurs”, nan nan nan, l’expérience on l’a c’est bon.

Ah copine !

Divine – Nan ma belle (rires) !

Nan mais après au bout d’un moment faut manger tu vois donc c’est compréhensible 

Divine – Donc un des défis c’est ça.

Tata – On va manger sur le dos du chômage (rires)

Mais c’est déjà ça ! 

Tata & Divine – C’est déjà ça !

Divine – Un autre défi ça va être je pense d’être constantes tu vois, ça va être dur dans le sens où on aura plein de choses à gérer, comme je te le disais en off, on veut plusieurs pôles pour Ging.Her donc ça va demander beaucoup beaucoup de travail. Et là on le dit en mode “ouais on a envie” mais faudra que ça suive dans les actions. Moi je me connais, je sais que je parle beaucoup. Et quand il faut exécuter, des fois je me laisse vraiment submerger par la masse de travail qu’il y a à faire et au final, je ne le fais pas. Donc au final ça va être ce truc de rester constantes et de se dire que “ça va venir” au fur et à mesure, pas tout de suite au fur et à mesure du temps.

Tata – Je pense qu’aussi un autre défi serait d’arriver à rester centrées, parce que comme elle disait tout à l’heure, on a tellement pleins d’intérêts sur tout qu’on a tendance à s’éparpiller.

Divine – On veut tout faire, on fait des évènements, des trucs…

Mais c’est bien !

Divine – Nan c’est très bien en vrai parce que…

Tata – Mais pour l’instant je pense qu’il faut quand même…vu qu’on est débutantes encore, faut qu’on arrive à centrer nos énergies sur deux ou trois trucs principaux et ensuite…

Divine – Se concentrer dessus, se discipliner.

Ok ! J’allais vous poser la question en plus mais comment vous arrivez à concilier les études, le travail…

Tata & Divine – ON ARRIVE PAS !!! (rires)

Comment ça vous n’y arrivez pas ? 

Divine – En fait je pense que de l’extérieur les gens se disent il y a des épisodes qui sortent de temps en temps et tout mais faut savoir que la cadence qu’on a actuellement pour le podcast, c’est pas la cadence qu’on aimerait. Nous on aurait bien aimé sortir des épisodes deux fois par mois, publier souvent etc…

Mais vous en publiez tous les combiens ? 

Divine – C’est aléatoire ma belle, le dernier épisode par exemple il est sorti en septembre, on est en novembre tu vois.

Tata – Mais pour notre défense…

Mais entre temps vous aviez un évènement…

Divine – Et quel event ! (rires)

Il y avait d’autres choses

Divine – En soi on aimerait être plus constantes dans la sortie des épisodes.

Tata – Mais c’est très chronophage en fait.

Divine – Le travail, l’école, nos vies perso, en vrai c’est hyper compliqué à gérer et aussi le fait de ne pas avoir de lieu de travail à nous, ça fait qu’il faut toujours s’arranger soit pour que l’une vienne chez l’autre ou sinon pour que l’on essaie de trouver un endroit extérieur pour pouvoir enregistrer. Et le truc c’est qu’il y a toujours des imprévus, il faut les gérer les imprévus “oh bah non aujourd’hui je peux pas, on recale ça” ben ça fait que le temps…

Tata – Sachant qu’on se cale sur chaque week-end quand on veut se voir, ça veut dire que le week-end d’après ben ça décale la rencontre de deux semaines.

Divine – Donc voilà, d’où le “on arrive pas”.

Mais vous produisez quand même des épisodes, c’est l’essentiel 

Divine – On produit des épisodes mais après on essaie de structurer, même si on sort rien de notre côté, on essaie de se structurer, de se dire : “bon là on veut faire ça, ça – là on va arrêter de faire ça” on aimerait bien exploiter un nouveau format, on aimerait bien organiser tel événement etc…En plus on travaille aussi avec d’autres personnes.

C’est ce que j’allais dire, comment vous sélectionnez vos invités ? 

Tata – C’est notre cercle souvent !

Divine – Là les personnes qui sont venues sur Ging.Her ce sont nos ami(e)s, des ami(e)s qui sont très très proches, donc en général on va les choisir aussi pour leurs caractères, leurs manières de voir les choses, parce que même si on fait partis du même écosystème…par exemple Matipa lui et moi on va avoir énormément de références en commun…

Mais vous êtes très différents ! 

Divine – On est très différents, dans la mesure où lui par exemple il est très porté sur la musique vintage, la musique rétro. Moi j’apprécie tu vois (rires), avec sa chaîne “Regard sur le passé”, moi par exemple je n’ai pas du tout la culture ou même les connaissances qu’ils ont sur le sujet. Pourtant Matipa et moi on passe notre vie ensemble. Et je vais prendre un autre exemple, celui de Terence, déjà c’est un homme.

Je ne sais pas qui c’est !

Divine – Ah ben c’est l’une des personnes qui avait participé au podcast sur les relations et sur la “black excellence”.

Ah mince, je ne l’ai pas écouté celui-là !

Divine – Black excellence ça date, ça remonte.

Tata : C’était en 2020/2021.

Il était sur le podcast des masculinités noires ? 

Divine – Nan nan, il n’y était pas parce que justement…

Tata – Il a fait son TEMPS ! (rires) 

D’accord, ok ! 

Divine – Parce que pour le coup je pense que Terence avait une expérience qui était un plutôt prévisible…

Tata – Mais c’était une expérience masculine différente qu’on voulait relater sur le podcast.

Divine – D’où le fait de vouloir prendre Matipa, Larson et Dylan. Et du coup pour revenir à Terence ben lui et moi on est le jour et la nuit, chien et chat.

Tata – “Terence et nous”, disons le ma belle !

Divine – « Terence » et nous tu vois.

Tata : Pourtant c’est mon fréro.

C’est qui Terence ? 

Tata & Divine – C’est un garçon comme ça là ! (rires)

Je vais bien écrire ça ! 

Divine – On te montrera mais ouais on choisit quand même des personnes qui ont du caractère, qui ont des choses à raconter, qui ont du goût aussi.

Oui c’et important !

Divine – Donc voilà !

Tata : Mais le but dans quelques mois, ce serait éventuellement d’inviter des personnes qui sont en dehors de notre cercle et qui auront peut-être un oeil plus expert sur les problématiques.

Divine – Et des personnes aussi qu’on connaît pas.

Tata – On va sortir de notre zone de confort, mais je pense aussi ce que ça s’explique par le fait qu’on enregistre chez nous, qu’on est pas très enclin à laisser des personnes qu’on connaît pas trop s’infiltrer dans nos espaces perso.

Divine – Et que là on est dans une optique de step up.

Oui, toujours !

Divine – Là on sera dans des conditions pour pouvoir vraiment j’allais dire professionnaliser la chose, oui et non.

Tata – Concrétiser.

Divine – Concrétiser, solidifier la plateforme.

D’accord ! Est-ce que vous trouvez que c’est difficile de se connecter, de se retrouver en communauté à Paris, en tant que personnes noires ? De créer des “safe spaces” et comment avez-vous mis d’ailleurs en place votre évènement du 8 novembre dernier ? 

Tata – “Se retrouver en communauté” je pense que notre réponse sera un peu biaisée parce que de base, on ne traîne qu’avec des gens qui nous ressemblent plus ou moins. Et moi je ne suis pas du tout à l’aise avec le fait d’être dans un espace où je ne me sens pas bien. Je vais avoir aucun mal à décliner l’invitation. Donc ma réponse ne sera pas la plus neutre.

Ah mais c’est TA réponse 

Divine – Moi pour rebondir sur la question “est-ce que c’est difficile au niveau des endroits où se connecter entre guillemets à Paris” je pense que ça dépend vraiment de ton tempérament et de ton niveau de batterie sociale. Par exemple, en vrai de vrai à Paris, je trouve qu’il y a de plus en plus d’initiatives, que ce soit festif, que ce soit culturel, artistique…on peut sortir à Paris en tant que personnes noires. Il y a la Wanderlust, il y a les restaurants, il y a les expositions, il y a les concerts, il y a de tout ! Mais je pense que ça dépend vraiment de ta manière de créer du rapport avec les gens. Par exemple, moi je sais que malgré le fait qu’il y ait tout ça, j’aurai quand même du mal à m’infiltrer dans ces espaces-là. Parce que de 1, je ne suis pas quelqu’un de très fêtard et puis je sais pas, il y a des critères qui font que je vais affiner, donc là ce sera un peu plus difficile. Donc en vrai je pense que ça dépend de la personnalité de chacun(e) et c’était quoi la deuxième partie ?

Tata – Comment on est arrivées à faire l’évènement.

Divine – Ah oui l’event oh la la !

Tata – C’est parti d’un idée farfelue, enfin d’un idée comme ça sur un coup de tête.

Divine – En fait on avait fait un évènement avec Gwanita, je sais pas si tu vois !

Je vois ce que c’est 

Divine – Et c’était dans un endroit qui était vraiment sympa, c’était grand c’était spacieux et là je crois que Tatz me dit : “en vrai Divine viens on organise une projection”.

Tata – Nan mais la projection on en a parlé à ton anniversaire je m’en rappelle, à table. Tu vois en fait j’ai des idées je lui en parle et elle est en mode “ouais” (rires) 

Divine – Nan mais en vrai pour ma défense à ce moment là, déjà c’était mon anniversaire et de deux…

Tata – Le travail n’attend pas ma belle 

Divine – Il y avait une de mes meilleures amies qui m’a aussi fait une autre proposition, on devait partir en voyage tu vois.

Tata – Et elle a choisit le voyage. 

Divine – Oui mais en vrai je ne me souviens pas de ça mais je me souviens de l’événement avec Gwanita où elle m’a dit : “ouais viens on fait une projection” et j’étais là : “ouais”. Et moi je suis pas quelqu’un d’organisé, j’aime bien aller aux évènements mais je n’aime pas organiser.

Ah madame, mais les défis sont grands ! (rires) 

Divine – Mais oui, mais au final sur le moment j’étais “hyper” (emballée) par l’idée parce que je me disais “ah purée ce sera notre premier évènement” et en plus, tu vois quand on écoute Ging.Her, il y a ce truc qui revient souvent dans les retours, les gens nous disent qu’on a l’impression d’être avec vous. Il y a vraiment ce truc très atmosphérique, très chaleureux et je me dis “ah ce serait trop bien de retranscrire cette ambiance là”, en vrai dans une ambiance un peu “Ging.Her”, lumières un peu tamisées, un peu jaune/marron (rires). Mais d’un autre côté, je me disais que toute la partie logistique c’est juste quelque chose de pénible, de contacter les gens.

Mais il faut le faire quand même 

Divine – Il faut quand même le faire quoi. Je m’étais dit “: vas-y Divine en vrai il faut que tu sortes de ta zone de confort parce que tu pourras pas toujours faire des trucs qui te plaisent”. Donc là je lui ai dit oui (à Tatz). De base on était parties sur un évènement en petit comité.

Tata – En mode 30 personnes.

Divine : 25

Et il y avait combien de personnes à l’évènement ? 

Tata & Divine – 50 ! 50 + 5 ouais.

Divine – Et en fait au début de base, c’est un évènement qu’on voulait faire en été, vraiment en chill.

Tata – Tout le monde est frais…

Divine – Un samedi soir. C’était l’ambiance mais…LES REFUS ! 

Tata – On avait pas prévu. On arrivait pas à trouver un lieu parce que la problématique c’est qu’on voulait un DJ set, donc musique + nuisances sonores et les gens n’étaient pas très enclin à ça.

Divine – Et c’est vrai que dans nos recherches on s’est beaucoup axées sur des lieux privés en fait, des grands appartements ou des des espaces de travail mais un peu “aménagés” en mode appart. Et, c’est vrai que toutes les personnes qu’on a contactées pour les appartements nous ont dit non. Euh, ensuite pour les coworking en général ce qui nous rebutait un petit peu, c’était soit le prix soit que c’était pas si beau que ça. Et il s’avère qu’on a un ami qui avait un contact dans l’établissement dans lequel on a fait l’évènement, qui nous a donné le contact et qui nous a dit : “ben en vrai on a déjà fait des évènement là-bas, contactez-la”. Après c’est vraiment une question de réseau.

Tata – Le networking !

C’est important hein ! 

Tata – C’est là qu’on a vu que…

Divine – Ça peut vraiment faire la différence, parce qu’en vrai si on avait pas eu ce contact, l’évènement n’aurait peut-être pas eu lieu.

Tata – Parce qu’après, ça s’est fait en 1 mois et demi.

Divine – Alors que pendant trois mois on était là, on s’envoyait des liens tous les jours “ouais tu le contactes” – “ouais vas-y je l’appelle à ma pause dej » (rires). Au final, ouais on les a contactés, on leur a parlé du projet et ce qu’on aimait bien c’est que c’était black owned aussi. Et donc on leur a expliqué : “bon voilà on aimerait faire une projection”, après il y a quelques détails qui ont changé, par exemple : on voulait faire ça en week-end de base, c’est un endroit assez plébiscité, avec une programmation. Et elle nous a dit que si on voulait faire ça en week-end, fallait faire ça l’année prochaine.

Tata – On lui a dit “madame on a déjà attendu six mois”.

Divine – Et au final ouais ça s’est passé hyper rapidement, comme c’était un restaurant, le côté restauration/boissons c’était pris en charge. Nous on s’est occupées de trouver le dj set et de faire la com’. Et puis voilà et au final c’était un évènement qui s’est très bien passé, où les gens ont répondu présent hyper rapidement.

C’est parti vite, quand j’ai vu le lien j’ai fait “ouwwf” (rires)

Divine – Et voilà, en vrai ça nous a donné envie vraiment de faire d’autres évènements, de d’autres types aussi parce qu’on ne va pas faire que des projections, mais ça nous a conforté dans l’idée où on a quand même une niche qui nous est fidèle, qui répond présente si on a des choses intéressantes à proposer et ça c’est hyper encourageant !

« Par exemple là je pense à un groupe d’amis à nous qui est vraiment hyper important, hyper soudé, là je pense à Yasmine et Belinda (…) On sait de quoi on parle quand on se voit toutes les quatre »

Divine

Alors, je sais que les relations et les amitiés sont importantes pour vous et je voulais savoir qui sont les personnes qui vous entourent et qui vous encouragent au quotidien ? 

Tata – Nos ami(e)s, vraiment si c’est pas eux, c’est personne !

Divine – Parce que pour le coup pour te dire, si on est amies Tatz et moi, c’est grâce à un ami.

Tata – Je pense que notre amitié c’est l’essence même du podcast !

Divine – Enfin, l’histoire du podcast c’est l’histoire d’une amitié à la base. Donc en vrai ce sont nos ami(e)s les plus proches qui quand on leur a parlés du projet nous ont dit “ah mais c’est trop bien”, c’est eux qui donnent la force tous les jours, qui partagent les épisodes.

Tata – Paapi Terry là même si c’est notre pire ennemi (rires), c’est lui qui partage bien.

Divine – C’est notre pire ennemi intellectuel quoi, mais humainement et intellectuellement, ce sont des personnes les plus fidèles qu’on connaisse. Ils étaient là à nos évènements, quand on a besoin d’espace, ils sont là.

Tata – Et en vrai il nous pousse tous les jours à être plus concrètes dans ce qu’on fait.

Divine – Mais en vrai c’est eux qui nous disent “mais si vous faisiez ça, vous dormez trop, vous avez trop de potentiel pour faire ça, on attend faites, faites faites”, donc ouais nos ami(e)s en fait.

Et vos ami(e)s, c’est qui ? Qu’est-ce qu’ils/elles font ? 

Divine – Ce sont des créatifs !

Tata – Franchement j’allais dire qu’ils sont tous un peu dans la même “vibe”.

Divine – Ils sont tous dans la même vibe mais ils ont une individualité, une singularité propre à chacun(e). Par exemple là je pense à un groupe d’amies à nous qui est vraiment hyper important, hyper soudé : je pense à Yasmine et Belinda. Belinda je la connaissais déjà depuis deux ans et en fait on a une énergie commune, je ne saurais pas mettre de mots dessus, parce que je pense que si je mets des mots dessus, ça va désacraliser la chose tu vois. On sait de quoi on parle quand on se voit toutes les quatre. On a beaucoup de références communes, par exemple : on écoute quasiment les mêmes artistes, on met les mêmes gros pantalons.

Tata – Les mêmes “falzars” (rires)

Divine – Même notre rapport au monde, à la religion, aux hommes, parce qu’on est toutes hétérosexuelles je précise.

Oh…d’accord ?! 

Divine – Nan mais je dis hommes parce qu’en fait ça aurait pu dire femmes si on était queer tu vois. Mais notre rapport aux choses est assez similaire et c’est pour ça qu’on s’est dites “mais attendez on se ressemble beaucoup en fait, il faut qu’on fasse quelque chose”. En fait, on s’est rencontrées pour la première fois toutes les quatre pour un podcast.

Tata – Cette année d’ailleurs.

J’ai écouté 

Divine – On se connaissait pas avant, un podcast très touchant d’ailleurs et ça a tout de suite…

Tata – Il faut savoir qu’avant ça on s’était jamais vues toutes les quatre.

Divine – Et nous on se disait tout le temps “putain mais je sens qu’il y a une synergie” et ça s’est matérialisé dans ce podcast et on se parle tous les jours, on se voit tout le temps.

Tata – On s’envoie des photos de la lune.

Divine – Tout le temps ! Mais quand tu nous vois toutes les quatre tu sais que Tatz c’est Tatz, Divine c’est Divine, Yasmine c’est Yasmine, Belinda c’est Belinda. Yasmine c’est celle qui veut toujours se battre mais qui est la fille la plus généreuse au monde, Belinda c’est vraiment la maman vraiment toute douce, Tatz c’est la fille qui est hyper loyale et hyper ferme quand même (rires) et moi ben moi, je suis là je navigue.

Tata – La rêveuse !

Divine – Oui voilà la rêveuse mais quand même un peu rude quand il faut l’être.

Tata – Je pense qu’on est un peu complémentaires toutes les quatre.

Divine – Exactement, mais tu vois ces filles là se sont parmi les filles qui nous encouragent le plus. Et Yasmine est journaliste, Belinda est graphiste, il y a toujours ce point en commun, ce créneau de création mais chacune fait à sa sauce quoi.

Très bien ! Et je sais que vous en aviez parlé dans un podcast mais du coup au niveau parental, est-ce que vos parents acceptent…

Tata – Euh (rires) PAS DU TOUT ! Pas du tout !

Divine – En fait ils nous calculent pas.

Tata – En fait, quand on leur en parle ils sont contents mais je pense qu’on a l’impression qu’ils nous prennent pas au sérieux et on s’attarde pas dessus.

Divine – Oui voilà, en vrai je sais que ma mère, un jour où je lui ai parlé du podcast, il y a super longtemps. Et c’est vrai qu’au début je parlais beaucoup d’elle, parce qu’elle a une présence très importante dans ma vie, mais je sais que je lui avais envoyé un épisode, je ne sais plus lequel ça date. Et je sais qu’elle m’avait répondu : “ah mais je suis super fière de toi, mais t’es journaliste en vrai ? »- « ah nan maman j’aimerais bien”, elle m’a dit : “mais pour moi c’est un travail de journaliste » et depuis, elle est jamais revenue dessus tu vois. Quand je lui parle d’enregistrer avec Tatz “ah d’accord t’as besoin d’enregistrer avec Tatz” et c’est tout ! Mon père il sait que j’ai un podcast, mais il a jamais écouté je crois (petits rires) donc ouais.

Tata – En même temps, qu’est-ce qu’ils pourraient nous dire ? 

Divine – Ben en vrai j’allais dire leur “présence”, “demi-présence”, elle est pas problématique parce qu’ils nous critiquent pas, juste ils nous encouragent de loin.

Tata – Nan mais, on sait qu’ils sont fiers, mais je pense que c’est tant mieux qu’ils nous laissent faire nos trucs.

Divine – Et en vrai, je pense qu’ils seraient plus présents et réceptifs, quand ce sera quelque chose d’hyper structuré. Il y a quelques jours, je parlais de ça à mon père, qui découvrait le projet.

 Ah…ah…ah ! 

Divine – Je le lui disais, je lui parlais des contrats donc : “mais tu sais qu’en fait avec Tatz, on a un podcast et on aimerait bien le transformer en société” et il me répond : “ah d’accord mais c’est super”, alors que le podcast il existe depuis trois ans tu vois.

Je rebondis sur ça parce que déjà quand j’écoutais ce podcast, ça m’a tilté et j’ai assisté à pleins de séminaires et j’ai écouté pleins de choses ces derniers temps et vous, je sais que vous avez un problème de légitimité mais ça c’est une autre question qui relève peut-être du psychologique et du culturel

Divine – Hum hum 

Et je sais que ça revient beaucoup chez les parents “africains” ou d’origines « extra-françaises », que lorsque les enfants ne suivent pas un chemin tout tracé tels que “oui ma fille elle est en éco, oui ma fille est avocate, oui ma fille est médecin” ça passe pas et je trouve ça un peu triste que ça revienne souvent, surtout que ce que vous faites c’est génial !

Divine – Merci ! 

Et c’est acté enfin je veux dire… 

Tata – Ben moi j’ai pas de problèmes de mon côté en tout cas. En vrai on a pas de problèmes de parents qui nous soutiennent pas, c’est juste qu’ils s’attardent pas dessus en mode “ben faites votre vie”.

Divine – En vrai je sais que mon père avait quand même cette ambition de ‘il faut que mes enfants réussissent”, mon père est élitiste.

Oui je vois très bien, on en parle après

Divine – On en parlera après. Et ça c’est quelque chose que j’ai beaucoup ressenti mais je crois qu’ils ont capté que le fait de vouloir nous conformer à tout ça, ça nous prenait tellement d’énergie, qu’à un moment j’ai arrêté. Je leur ai dit “en vrai de vrai, je fais ma part, quand j’en aurais fini (au niveau des études), je ferai ce que j’ai envie”.

Tata – Je sais que pour le master par exemple, dans ma famille il y a cette attente de “tu fais ton master” et je sais que maintenant que je l’ai ils sont en mode “ok that’s you” quoi !

Divine – Moi, j’ai un peu imposé ce truc de “je vais réussir, ne vous inquiétez pas, mais ce ne sera pas de la manière que vous attendiez de moi” et je pense qu’ils l’ont intégré. Je sais que ma mère me fait beaucoup confiance, elle se pose pas trop de questions sur le contenu. 

C’est souvent les mamans ça 

Divine – Ouais voilà, mon père comme je l’ai dit.

Tata – Il est là !

Divine – Il est là ! Il applaudit quand il faut applaudir mais voilà quoi. Mais je pense que ça viendra plus tard, tu vois quand Ging.Her gagnera des prix.

Tata – Mais je pense que quand ils verront qu’on sera “full-time” dessus, parce que aujourd’hui je pense qu’ils voient ça comme un loisir, pour eux c’est pas si deep que ça.

Divine – Et je pense que ça vient un petit peu de nous, dans la mesure où on communique peut-être pas aussi…je sais que je ne les ai jamais fait asseoir pour leur dire que “bon voilà, Ging.Her c’est parti d’un podcast, mais là je veux vraiment en faire une société, qui va se développer comme ci comme ça, ça va prendre du temps mais je vais mettre en place les ressources nécessaires, l’argent nécessaire, pour vraiment en faire quelque chose de concret tu vois”, ça je ne l’ai jamais fait.

Tata – Et tu vas le faire ? 

Divine – Oui je vais le faire, ils vont pas le deviner (rires), eux aussi ils ont leurs vies à gérer, leurs priorités, je sais que ma mère, son cerveau il fuse de tous les côtés. Elle va pas venir s’asseoir et me dire “bon du coup ma fille, Ging.Her ça dit quoi ?”, non tu vois. Je pense qu’on a un devoir de communication et de verbalisation.

Tata – Qu’on ne fait pas.

Divine – Qu’on ne fait pas tu vois.

C’était à peu près ma dernière question. J’en ai une toute dernière : qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter, quels sont les événements et les podcasts à venir ? Juste des indices quoi !

Divine – Souhaitez-nous la prospérité !

En tout cas ! 

Tata – La paix, la croissance.

Divine – Nan en vrai juste la prospérité, il n’y a pas tous ces éléments sans la prospérité, donc souhaitez-nous la prospérité.

Tata – La longévité !

Divine – Mais on y arrivera dans tous les cas mais avec le soutien de nos proches et de personnes qui résonnent avec Ging.Her, ce serait encore mieux ! 

Et les futurs événements et sujets à aborder ?

Divine – Alors, si on peut donner des indices (rires), l’événement qu’on a organisé il y a eu beaucoup de demandes et on a sold out en 5 jours, alors que l’événement était prévu pour trois semaines après. Donc il y a eu pas mal de gens qui nous ont demandé “du coup vous allez débloquer des places ?”, il y a eu qu’une seule personne qui n’est pas venue. Donc, on s’est dit qu’en vrai pour clôturer l’année, les personnes qui n’ont pas pu venir, puissent venir, l’idée serait de faire une deuxième session. Et pour l’année prochaine…

Tata – D’autres évènements encore, des partenariats.

Perioods, d’accord ! 

Divine – Mais toujours assez sur la culture, sur l’art, ce qui se passe autour de nous, notre génération, sur l’envie de partager ce qui se pratique autour de nous et qui nous fait nous réunir, sourire. Cette envie de mettre en avant les talents autour de nous et d’être un peu plus dans l’exécution l’année prochaine ! 

Très bien, merci à vous ! 

Divine – Merci à toi 

Tata – Merci à vous !

Des gros remerciements à Grace pour ses magnifiques photos, à Nafi pour ses vidéos, à elles deux pour leur patience et créativité. Des gros remerciements à Divine et Tata pour leur confiance, ces échanges et d’avoir été des modèles aussi belles qu’intéressantes !

Au prochain article !!!

Lunaticharlie !

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