« regard sur le passé » : à la rencontre d’océane et matipa (entretien)

Océane et Matipa – photo prise à l’argentique

Qu’est-ce qui vous vient en tête lors qu’on évoque le mot « passé » ? Votre jeunesse ? Vos parents ou aïeux qui sont partis ? Une candeur ou/ou une tristesse liées à des évènements sociaux ou politiques graves et bouleversants ? Pour Océane et Matipa, deux jeunes adultes et amis aux parcours de vie riches et denses, le passé c’est avant tout leur enfance et la musique et surtout les musiques africaines. Grâce à leur page Youtube commune, Regard sur le passé, les deux amis se transforment lors de chaque vidéo en journalistes et documentalistes hors pairs, voulant préserver et valoriser les musiques africaines qui les ont construis ou influencés mais surtout en remettant au goût du jour des musiques et artistes précurseurs et essentiels à la création des musiques actuelles. Lors de cet entretien, Océane et Matipa se livrent avec beaucoup de rires et de sérieux sur leur amitié, leurs inspirations et leur projet !

Lunaticharlie – Déjà je voulais vous remercier d’avoir accepté cette rencontre aujourd’hui. Je vais vous demander dans un premier temps de vous présenter l’un l’autre, présentez vos parcours professionnels ou personnels, tout simplement comment vous en êtes arrivés là en quelques mots !

Océane et Matipa : OK!

Océane – Du coup je commence ! Je m’appelle Océane Kinouhandé, je me définis comme passionnée de cultures afrodescendantes. Alors après un bac ES j’ai pas commencé une licence de droit à Assas également mais à Assas Melun (rires) ce qui fait une grande différence. Le droit c’était cool mais je savais que je ne voulais pas travailler dedans, ça m’a néanmoins apporté une certaine rigueur dans la façon dont je travaille. Après ma licence je ne savais pas ce que je voulais faire donc j’ai pris une année sabbatique, je suis allée à Londres et à Londres j’ai vécu la “vida loca” (rires). En fait, c’était une année où je me suis découverte personnellement et de manière approfondie on va dire et j’ai beaucoup gagné en maturité aussi en étant là bas je pense, en vivant toute seule à l’étranger. Quand je suis revenue en France, je me suis dit “ c’est mort”, il faut vraiment que je fasse quelque chose qui me plaise, qui me parle et je me suis dit que j’allais me tourner vers l’art contemporain, c’est quelque chose qui me parle bien et que j’aimerais continuer dedans. Donc j’ai continué avec un master en marché de l’art international à l’ICART, j’ai fait deux ans là-bas qui se sont conclus par un stage de 6 mois dans une galerie d’art et ensuite par un emploi et j’ai continué à travailler dans cette galerie. 

Matipa – Alors moi c’est Matipa Kibelushi j’ai 23 ans maintenant. Alors par rapport à mon parcours scolaire et universitaire après un BAC ES j’ai eu un parcours assez rocambolesque. Alors j’ai fait un DUT TC pendant deux ans, un DUT orienté commerce gestion après je me suis réorienté et j’ai fait un an de prépa et en même temps une licence AES à la Sorbonne pour passer les concours d’écoles de commerce que je visais. Malheureusement j’ai pas eu les écoles que je voulais donc j’ai postulé dans des masters et j’ai été pris à Assas en gestion et au final aujourd’hui je suis en train de terminer mon M2. Et professionnellement, outre mes jobs étudiants assez classiques, j’ai fait un stage qui a été assez parlant pour moi : j’ai travaillé pendant deux mois dans un label de musiques africaines, Syllart Records, beaucoup de choses que j’aime concrètement. Ensuite j’ai fait un an d’alternance chez Orange, qui n’a absolument rien à voir avec mon parcours…

Lunaticharlie – TOUT ÇA ?? MAIS À QUEL ÂGE ?

Matipa – (rires) j’ai 23 ans ! Ben en fait Syllart j’étais en stage quand j’avais 19-20 ans pendant ma deuxième année de DUT, après j’ai fait un an d’alternance chez Orange l’année dernière quand j’étais en M1 et là pour mon M2 je suis alternant en contrôle de gestion, donc on retrouve toujours ce côté musical mais dans un aspect production, création. Aujourd’hui je suis concentré sur mes projets, je me laisse le temps voir un peu tout ça, me chercher, en apprendre plus sur la musique et viber quoi !

Lunaticharlie – Ok ! Comment vous êtes vous connus ? 

Océane – Alors c’est une longue histoire ! Matipa et moi on est originaires du 77 (rires) la Seine et Marne. Et du coup on est allés dans les mêmes collège et lycée. Je suis devenue amie avec sa grande sœur dont je suis amie depuis la cinquième. Et j’aime bien dire que nos deux familles s’entremêlent, il y a beaucoup de croisements, tout le monde est ami avec tout le monde. Jessieu j’ai toujours été amie avec elle et Matipa je le voyais pendant longtemps comme son petit frère jusqu’à ce qu’il grandisse assez et qu’on commence un peu à discuter et au final Matipa est rentré dans notre groupe d’amis tout simplement. On avait une team d’amis depuis le collège et Matipa est juste rentré naturellement et aujourd’hui je suis amie avec sa sœur et Matipa qui a deux ans de moins que moi et voilà ! 

Matipa – On sent pas la différence (rires) 

Lunaticharlie – Comment est né ce projet ? 

Océane – Tu sais je me suis posée la question hier parce que je savais qu’on allait se voir et je crois que j’ai oublié le début. 

Matipa – Ben moi je dirais le début début à échelle personnelle depuis que je suis petit je suis un féru de musique, j’ai toujours grandi avec la musique dans mes oreilles : que ce soit la musique classique congolaise camerounaise gabonaise vraiment de tout 

Le logo de leur chaîne « Regards sur le passé »

Lunaticharlie – Je peux connaître tes origines ? 

Matipa – Ma mère est camerounaise et mon père est congolais.

Lunaticharlie – AHHH d’accord (rires) on en parle après 

Matipa – Du coup ouais j’ai grandi avec pleins de genres de musiques : Makossa, Ndombolo, musiques classiques, Jazz, Rock il y avait vraiment de tout chez moi. Et donc très vite j’ai eu ce goût pour la musique de l’écoute aux paroles, tu sais même le fait de lire et regarder les pochettes. Je me rappelle qu’étant petit quand mon père écoutait des CDs j’allais lire les livrets, je comprenais même pas juste je lisais les crédits qu’il y avait. Et pour nous je dirais que ça a commencé lorsqu’on regardait des vidéos d’analyses musicales analytiques sur les musiques r’n’b/rap même pop parfois. Et je sais qu’un jour on discutait et on s’est dit : ces vidéos sont biens et c’est vraiment dommage qu’il n’y ait pas ce genre de vidéos mais pour des musiques afro descendantes (africaines et caribéennes). Et puis on s’est dit : pourquoi pas nous ? Je sais plus qui vraiment avait proposé mais je me rappelais ne pas vouloir me montrer sur Internet, on va me voir, à la rigueur en podcast qu’on ne voit pas ma tête. Bon au pire on s’est dit qu’on le ferait et que si ça ne marche pas on aurait le mérite d’avoir essayé sans regrets et c’est comme ça que c’est parti ! Je ne sais pas si tu veux rajouter quelque chose. 

Océane – Du coup moi un peu comme toi j’ai toujours été une très grande mélomane et passionnée de musiques de manière générale. Ce qui est drôle c’est que les musiques issues du continent et des diasporas n’étaient pas mes premiers coups de cœur on va dire moi c’était plus la néo soul, le r’n’b. Mais pour ces musiques là (africaines) il y a quand même eu quelque chose, la recherche de mes origines je pense et de mon identité voilà comme tout le monde vers 2010 quand l’afro commençait à monter. Je crois qu’un jour…je sais que tu étais (Matipa) dans une démarche de travailler avec certaines personnes qui travaillaient sur les musiques afrodescendantes et je sais qu’on discutait souvent de musiques “ah j’ai écouté telle chanson, ah un tel a fait une collab avec un tel” on avait souvent des discussions super intéressantes. Et je me suis dit “tu sais ça en vrai on peut en faire un podcast”. Et je crois que c’est toi qui m’a fait une proposition, moi dans mon oreille ça a fait “ok?!” Et un jour je suis venue et je me suis dite “ben faisons le” et voilà je crois que c’est né de beaucoup de conversations et de passion. Et un moment je sais que quelqu’un a proposé et on y est arrivés quoi. 

Lunaticharlie – Est-ce vous pouvez me parler de vos parcours familiaux : par exemple je sais que toi tu écoutais la musique avec ton père etc

Matipa – mon père est cariste et ma mère est aide-soignante. Cariste ? En gros tu travailles dans des entrepôts et tu prépares des commandes.

Lunaticharlie – J’apprends quelque chose

Matipa – Même moi étant petit je ne savais pas ce que ça voulait dire « cariste” : “cariste : charismatique?“

Océane – Moi j’ai grandi avec la musique mais pas par mes parents. D’ailleurs je le leur ai déjà reprochés parce que j’ai un oncle qui est dj et je sais que mes cousins ont pour le coup vraiment grandi avec la musique notamment des musiques afro descendantes et c’est quelque chose que j’ai cherché par la suite. Et mes parents sont orthopédistes, c’est en gros ceux qui fournissent le matériel pour les béquilles, les chaises roulantes ce genre de choses.

Lunaticharlie Je voulais savoir le.s. but.s. de votre projet ? Ainsi que les cibles et s’il y aurait de futures collaborations ? 

Océane – Alors le but de base c’était de ne pas se mettre la pression et de se laisser kiffer. On fait quelque chose qu’on aurait voulu voir. Si je tape Usher ou le nom de personnes importantes dans n’importe quel style musical, tu vas retrouver des informations sur Youtube parce que moi je suis une meuf de Youtube. Et je sais que j’ai déjà dit à Matipa par exemple quand tu tapes Mbilia Bel ou Oumou Sangaré, je peux taper le nom de n’importe quel/quelle grand.e. chanteur/euse africain.e. et tu trouves trop peu de choses. Et je pense que c’est pas normal qu’ils ne soient pas documentés sur les réseaux sociaux. Et voilà je pense que c’est ça l’objectif premier et ainsi d’éduquer les gens, avoir des discussions, des débats. Tout simplement ce qu’on sait à notre échelle et à deux, de pouvoir le partager au maximum de personnes. 

Matipa – Comme tu l’as dit le fait de pouvoir diffuser l’information tout simplement, le fait même que nous en tant qu’afrodescendants et d’autres puissent apprendre un peu plus sur leurs propres cultures et d’autres cultures avec lesquelles ils n’ont pas peu ou pas de contact et ne sachant pas réellement ce qu’il y a derrière. Et je trouve qu’à une échelle plus globale, beaucoup de musiques caribéennes ont inspiré beaucoup de genres mainstream sans forcément avoir un crédit ou qu’elles soient respectées à leur juste valeur et nous essayons de donner davantage de crédit à ces musiques là. C’est pour ça que ce projet est né.

Océane – Pour les cibles du coup ce seraient plus les personnes qui apprécient de base ces musiques là, bon c’est vrai que (rires) bon on va pas se mentir on aimerait avant tout capter l’attention de personnes afrodescendantes ou noires dans le sens où on vit dans une société où “nous” sommes toujours en minorité que ce soit au travail ou autres et c’est fatiguant. Personnellement je sais que mes amitiés que ce soit avec Matipa ou d’autres groupes d’amis, ce sont vraiment des repères, des endroits où je me sens à l’aise, où on discute de tout, où on peut avoir des conversations que je n’ai pas avec d’autres personnes. Et j’aimerais ressentir ça à une plus grande échelle, qu’on puisse parler avec d’autres personnes qui nous ressemblent. Les autres communautés peuvent aussi nous regarder il n’y a pas de soucis mais c’est vrai que nos cibles sont des personnes jeunes, dans notre tranche d’âge ou même un peu plus âgées, qui veulent redécouvrir certaines musiques, des “papas”, des “tantines” ou même des personnes de notre âge qui ne connaissent pas ces types de musiques et souhaitent s’immerger plus profondément. Ou même des curieux qui veulent tout simplement découvrir et apprendre. 

« Je pense qu’il y a aussi un objectif “panafricaniste” car nous sommes issus des diasporas, on veut parler d’artistes de tous les pays d’Afrique avant tout subsaharienne »

Océane

Matipa – C’est intéressant ce que tu dis par rapport à l’âge parce qu’on vient de faire notre deuxième épisode sur Oumou Sangaré et par exemple ma mère ne la connaissait même pas tu vois elle s’est dit “ah d’accord c’est qui ?”. En soi autant pour les jeunes que pour les parents c’est toujours intéressant d’apprendre et d’en apprendre tous les jours !

Océane – Je pense qu’il y a aussi un objectif “panafricaniste” car nous sommes issus des diasporas, on veut parler d’artistes de tous les pays d’Afrique avant tout subsaharienne. Tes parents sont congolais/camerounais, ils écoutent une artiste qui est malienne, on essaie de réunir un peu de tout et de créer une communauté au milieu de tout ça. 

Lunaticharlie – Et aujourd’hui c’est qui votre public, les personnes que vous touchez ? 

Océane – Aujourd’hui je dirais que notre public est composé de nos ami.e.s et de ce qu’on appelle Matipa et moi (tous les deux en choeur) : “le Paris noir créatif” (rires). Ce sont des personnes, qui aiment la musique ou qui sont dans l’art contemporain ou la littérature…ce sont des secteurs qui s’influencent les uns les autres. Dans mes relations personnelles, j’ai des amis qui sont dans ce Paris noir créatif, qui sont un peu partout du coup l’information circule un peu de cette façon. Donc pour l’instant c’est ça notre public principal. Ensuite il y a des personnes qui nous suivent qu’on ne connaît pas et qu’on n’a pas encore rencontrées.

Matipa – Après je me souviens que lorsqu’on regardait les stats on voyait même qu’on avait un public africain, on a beaucoup de visibilité sur le continent africain. Comme on disait, c’est bien de faire le pont entre les différentes diasporas ici et le continent et avec des personnes qui veulent échanger et apprendre sur le continent tout simplement. 

LunaticharlieEt en termes de collaborations, vous avez des futures collabs avec des médias ou des personnes qui sont dans la même démarche que vous ? 

Matipa – Des médias non mais des personnes avec qui on a les mêmes centres d’intérêt, des pages et projets communs en lien avec les musiques africaines, je pense notamment à Maciré Studio, c’est un ami qui a créé une page Instagram qui met en avant les musiques rétro et cultures guinéennes. 

Océane – Et on a eu des collaborations avec Pamoja, une page Instagram qui a pour but de valoriser les cultures afro-descendantes de manière générale. Et donc on avait collaboré avec elle, elle habite entre la France et les Etats Unis, mais en gros c’était un épisode sur la rumba les liens entre les diasporas américaines et le Congo. Et oui on a des contacts avec certains médias mais pour l’instant rien n’est sûr. 

Lunaticharlie – Ça marche ! Du coup vous aviez déjà un peu répondu à la question mais pour vous quelle est l’importance de ce projet professionnellement et personnellement ? 

Océane – Si je parle vraiment personnellement je suis à un moment dans ma vie où je regarde beaucoup de créateurs de contenus de toute sorte, j’analyse leurs contenus depuis longtemps et j’arrive à un moment aussi en tant que personne créative je me dis “ben c’est LE MOMENT” (rires) et je pense que j’en suis capable. J’en discute souvent avec mes ami.e.s que ce soit Matipa ou mon amie Timorine avec qui je discute fatiguée mais fatiguée de musiques et on a des débats et je me dis que nos conversations sont tellement intéressantes et qu’à force de débattre et débattre j’ai développé un certaine critique et une capacité d’analyse. Parfois je regarde des vidéos d’autres personnes en me disant que je pourrais le faire et bien. Il faut juste se donner les moyens quitte à se casser la gueule. Les musiques afro-descendantes sont des musiques qui me passionnent et ce projet me permet d’en apprendre plus car parfois il y a des artistes que je ne connais pas forcément de A à Z mais notre page a pour but à la fois de servir la création de contenus et d’un autre côté j’apprends et j’en sors grandie. Et professionnellement, je pense qu’on apprend beaucoup sur la création de contenus de Youtube à Instagram sur la préparation d’une vidéo, comment créer et monter une vidéo. Et surtout comment parler de son projet à différentes personnes etc…

Matipa

Matipa – Exactement ! Pour répondre à la question à l’échelle personnelle c’est vraiment pour apprendre et découvrir. Comme on l’a déjà dit, on est tous les deux des fans de musiques afro-descendantes et même si j’ai grandi avec ces musiques pour le cas de l’Afrique de l’Ouest par exemple, je n’ai pas eu de contact avec les musiques ouest africaines chez moi. C’est lors de mon stage chez Syllart Records un label surtout tourné vers le Mali, le Sénégal, la Guinée et la Côte d’Ivoire que j’ai découvert pleins d’artistes et que je me suis rendu compte que j’ignorais beaucoup de choses. Et ceci sans parler de l’Afrique australe ou du Maghreb, il y a vraiment des choses à faire et ça m’intéresserait vraiment de connaître les histoires derrière les albums ou les projets ou rien qu’apprendre et partager ces savoirs avec d’autres personnes. Rien que nous deux en tant que passionnés, juste partagés avec d’autres personnes pour apprendre d’autres choses. Et sur le plan professionnel, j’ai dû en apprendre beaucoup sur comment gérer un compte Instagram, ça a l’air simple mais en vrai c’est dur, il faut être rigoureux, le montage, la recherche aussi pour la préparation des épisodes. Et comme tu l’as dit “pitcher”, étant en master de gestion donc on a eu des cours de pitch, comment est ce que demain je serais amener à présenter mon projet en 3 minutes, des axes de progression, répondre aussi aux questions donc c’est super intéressant. Et comme je le disais tout à l’heure, comme je voudrais travailler dans l’industrie musicale africaine, ça me permet de découvrir, me donner une crédibilité, j’en apprends plus et apporte ma pierre à l’édifice, aux patrimoines et aux structures dans ce secteur là. 

Lunaticharlie – Une autre question vient d’émerger : vous vous voyez encore vivre en France dans un futur proche ? 

Océane – Bon comme t’es ma pote je vais être honnête tu vois, personnellement je travaille dans le milieu de l’art contemporain africain et j’ai des centres d’intérêt qui sont très concentrés sur l’Afrique donc j’estime que c’est important de se rendre sur place voir les locaux qui créent sur le terrain. Même pour “Regard sur le passé” se serait cool de pouvoir interroger des personnes sur place qui ont vécu ou connu certains artistes ou même les industries locales. Après vivre pour moi…

Lunaticharlie- Mais pas forcément en Afrique…

Océane – Ah j’ai vécu 1 an à Londres j’ai eu un coup de foudre avec Londres. Après Paris c’est une ville très critiquée mais que j’aime beaucoup quand même. J’aime les gens à Paris, j’aime “mes gens”. Je trouve que les parisiens ont beaucoup à apporter, souvent on encense d’autres villes mais c’est parce que les locaux d’autres villes les rendent intéressantes. Bon il y a des problèmes culturels en France qui font “que”, mais en vrai il faut qu’on crée notre cocon, notre “space”. Moi j’aime bien Paris ! 

Matipa – Franchement je ne sais pas honnêtement, dans le sens où mon projet professionnel est assez flou, je me projette pas assez pour me dire que j’aimerais avoir un tel travail ou quitter la France. Mais politiquement avec les élections récemment et socialement, ce sont des “red flags” pour partir d’ici. Dans quel pays je ne sais pas exactement, j’avais un doute avant comme toi avec ce truc de “Paris c’est magique”que je me dis depuis petit, j’ai mes repères et mes amis ici, mais politiquement c’est pas un environnement qui est sain pour moi je pense. Et concernant le continent africain, dans quel pays je vivrai ou qui m’intéresserait le plus je ne sais pas encore mais effectivement pour des interviews et rencontrer des artistes, des graphistes, des personnes de l’industrie, ce serait bien d’aller sur place, même de façon ponctuelle dans le cadre de voyages, mais y vivre je ne sais pas. 

Lunaticharlie – Est ce que vous pensez que les nouvelles générations doivent se saisir des patrimoines musicaux africains et caribéens ? Est-ce que c’était votre démarche ? 

Océane – Je pense que du côté des artistes c’est déjà le cas clairement. Quand on regarde les Franglish ou Aya Nakamura. Mais je sais que de notre côté avec Matipa au début on se posait des questions. Quand j’en parle avec mes amis ils disent toujours “ah mais c’est la musique de darons ça”. On avait fait une playlist avec Matipa pour un évènement que mes parents organisaient et mon oncle quarantenaire était choqué que j’ai faite cette playlist il a dit “mais c’est Océane qui écoute les musiques de papas là” (rires). 

Lunaticharlie – Mais comme je l’ai demandé tout à l’heure, les personnes qui vous regardent et que vous touchez n’ont pas votre âge ? 

Océane – Ce sont des personnes de notre âge mais créatives quoi. Je pense que le fait d’être créatif ça ouvre un peu plus l’esprit.

Matipa – C’est vrai que même moi depuis que je suis petit j’ai toujours aimé ces musiques, je sais que déjà au collège j’en parlais avec des gens, à l’époque Bluetooth ou partage de sons “hey Matipa envoie ta playlist” tu voyais du Koffi Olomidé on me disait “t’écoutes des musiques de papas”, on me le dit depuis longtemps. Lors du confinement en 2020 avec les challenges sur Instagram, il y a un challenge de 12 slides où tu devais choisir des musiques africaines en fonction de thèmes bien précis. J’ai mis pleins de musiques dont un son de rumba congolaise “Ousmane Bakayoko” de Mayaula Mayoni, un son des années 90. Et quelqu’un m’avait dit “tout le monde met du Fally Ipupa et toi tu mets des musiques de darons” mais c’est le patrimoine, c’est la culture. Enfin pourquoi un Mayaula Mayoni serait moins crédible qu’un Fally Ipupa qui est plus jeune, sachant que Fally si on remonte dans le temps il fait un peu de la musique à l’ancienne qui parle à nos parents quoi. 

Océane – Je pense que l’objectif aussi c’est que certaines personnes qui ont une vision particulière de ces musiques se rendent compte qu’elles sont très riches et qu’elles valent le coup.

Matipa – Sur ce sujet, j’en parlais avec une amie et je pense que ce qui expliquerait que les gens aient de la distance avec les musiques africaines anciennes est que les gens les écoutent de manière “passive”. Tu rentres dans la voiture avec tes parents mais ces derniers ne vont pas forcément parler de ces musiques avec l’enfant, en lui demandant par exemple ce qu’il en pense/s’il aime ou pas et pourquoi. Imagine que tu as un enfant qui écoute plus de r’nb en général et qui dès qu’il entend du Papa Wemba dans la voiture avec ses parents il va dire “ohlala c’est quoi cette musique à l’ancienne” et sera saoulé. Ça revient souvent cette remarque quant aux musiques des générations de nos parents. Pourtant ces musiques influencent beaucoup les musiques actuelles, le nombre de samples de musiques américaines inspirées de Franco par exemple. 

Océane – Je pense que ce sont des musiques qui ne sont pas archivées ou avec peu d’archives. Je sais qu’en ce moment il y a beaucoup de disco pop, électro pop, il y a pleins d’influences des années 70/80 qui reviennent à la mode. Si tu tapes tel ou tel nom sur Internet, tu as plein d’articles, des blogs, t’as des clips de l’époque, parfois tu as même des vidéos de personnes qui expliquent leurs carrières. Alors que tu as des artistes comme Mbilia Bel, une très grande dame quand je tape son nom, je ne trouve rien. Il n’y a rien. Donc au bout d’un moment, même quand tu fais l’effort de rechercher, il n’y a rien à trouver. 

Lunaticharlie – Pour vous qu’est-ce que qui peut expliquer cette absence d’informations : que ce soit au niveau des médias africains eux-mêmes et ainsi qu’en Europe ? 

Océane – Je pense que c’est d’une part le fait que les industries musicales d’Afrique subsaharienne ne sont pas des industries très puissantes. Par exemple je suis béninoise et l’industrie musicale au Bénin c’est pas top quoi. Tu ne peux pas être un artiste et vivre de ta musique ou alors c’est très rare il y en a quelques uns, peut être un qui gagnera un Grammy (rires) mais c’est vraiment rare. Et ceci empêche de développer une expertise, il faut des personnes qui se professionnalisent dans le management d’artistes comme on en voit en France dans les labels et les majors, choses qu’on retrouve peu dans l’industrie musicale d’Afrique Subsaharienne. On avait fait un épisode sur la rumba congolaise et on s’était rendus compte qu’au moment des indépendances c’était des personnes d’origine grecque qui avaient les studios et donc cette expertise. Ensuite il y a eu la zaïrianisation (mouvement politique lancé en 1965 par Mobutu Sese Seko en République du Zaïre. Il consistait à revenir à une « authenticité » africaine des toponymes et des patronymes, en supprimant tout ce qui était à consonance occidentale)* donc ils sont partis et les congolais n’avaient pas cette expertise. Et donc ils se sont faits dépasser par le temps et les techniques avec le passage au numérique. Et donc les artistes allaient directement enregistrer en Europe.

Océane

Matipa – Là où c’est vraiment intéressant c’est lorsqu’on parle des majors, où est-ce que les artistes sont signés et là c’est révélateur des contenus qui sont plus ou moins documentés. Quand on voit Oumou Sangaré ou même Youssou Ndour, qui n’ont pas énormément de vidéos explicatives sur leurs carrières, on peut trouver beaucoup d’articles et on peut tout de même retracer leurs débuts par rapport à d’autres artistes avec des structures plus petites et locales et avec moins de ressources. Le rapport de domination des majors par rapport aux industries locales, le manque de moyens aussi, le manque de rayonnement. 

Océane – C’est vrai que quand on prend une artiste comme Oumou Sangaré c’est triste mais si elle a la carrière qu’elle a aujourd’hui, qu’elle remplit des salles, c’est qu’elle est signée chez des majors occidentales en fait. Je pense que si elle était chez majors africaines et locales, ça aurait été compliqué. 

Lunaticharlie – Est-ce que à votre niveau vous essayez de pallier une certaine transmission culturelle ? 

Tous les deux : oui on peut le dire !

Océane – On essaie de le faire bien ce qui est difficile, les sujets sont importants et ils peuvent devenir des archives. Ce qui est contraignant c’est qu’on ne trouve pas toujours les informations et parfois on est obligés de déduire ce qui n’est pas très confortable mais on essaie de pallier comme on peut. 

Lunaticharlie – Déduire dans quel sens ?  

Océane – On fait une enquête tu vois, quand tu as quelques indices, tu te dis “ben cet album est sorti à tel moment” mais tu n’en as pas vraiment la preuve. Tu ne connais pas les choristes de tel chanteur par exemple, on va se dire “ah mais dans telle vidéo Youtube, je l’ai vu dans les crédits” ou le fait qu’il y ait tellement de langues qu’on ne connaît et qu’il faut traduire. Du coup tu vas voir sur Youtube, dans les commentaires des chansons, car souvent des personnes traduisent. C’est ce genre de techniques là quoi. On va regarder plusieurs vidéos, essayer de croiser et conjuguer nos trouvailles. Parfois tu vas trouver quelques textes sur un artiste dans un livre, mais ils auront été écrits sous un certain angle de vue, un peu eurocentré ou “white savior”. On travaille aussi sur beaucoup de musiques post-indépendances donc très politisées et qui parfois dénaturent la réalité. C’est très politique, par exemple on se dit qu’il n’y a pas que la musique de cette ethnie dans ce pays, mais le président a fait en sorte que son ethnie soit valorisée donc des fois c’est un peu galère tu vois. 

Lunaticharlie – Et comment vous choisissez les personnes dont vous allez parler ? Parce qu’en Afrique il y a beaucoup de pays, il y a beaucoup d’ethnies (rires)

Matipa – Ce qu’on a fait c’est qu’on a créé un fichier excel où on a mis tous les pays d’Afrique subsaharienne et plusieurs îles des Caraïbes, qu’on a classé par hommes femmes et on a mis une colonne artiste par genre et une colonne « thèmes » par exemple “Congo musiques femmes” ou “Cameroun bikutsi féminisme”. Des fois on sent la vibe comme ça, de quel.le. artiste on aimerait parler, quel thème nous intéresserait, il y aussi les contraintes de temps. 

Océane – On essaie aussi d’alterner pour que ce soit varié. 

Lunaticharlie – Et il vous faut combien de temps pour produire un épisode ? 

Matipa – Aie aie aie aie (rires) 

Lunaticharlie – Enfin comment vous produisez chaque épisode ? 

Océane – Alors ça commence par le choix de l’artiste ensuite on commence les recherches, on a un google doc comme ça on peut travailler à deux et donc recherchés dans les livres, on en a plusieurs focalisé sur les musiques africaines. J’aime beaucoup Youtube donc à travers les vidéos et documentaires, des articles presse, parfois il y a des thèses, des podcasts. On va chercher au maximum et tout mettre sur le google docs, ensuite on va se voir ou s’appeler pour faire le point, on discute des trouvailles pertinentes, quelles directions on veut donner à l’épisode, qu’est-ce qui est important de souligner selon nous. Une fois qu’on a fait tout ça…

Lunaticharlie – Déjà cette partie prend combien de temps ? 

Océane – Comme on travaille tous les deux, environ une à trois semaines…

Matipa – Voire un mois dans un cas extrême par exemple si je suis en pleine période d’examens ou autres.

Océane – Quand c’est une période un peu plus importante c’est plus difficile.

Lunaticharlie – Mais vous produisez beaucoup de vidéos quand même ?

Océane – Ah bon ? On essaie.

Matipa – Déjà c’est régulé, mais on a disparu depuis combien de temps là ? Ça va faire 10 jours (rires). 

Océane – Par exemple sur Youtube c’est une vidéo par mois et ensuite on découpe les vidéos pour en faire des extraits différents sur Instagram. Mais c’est un rythme qu’on essaie de tenir, des fois on est fatigués.

Matipa – Même si on s’est dit qu’on veut sortir une vidéo par mois, on veut pas faire pour faire, même si on prend plus temps on privilégie la qualité que d’être régulé par un rythme quitte à bâcler les vidéos. 

Océane – C’est que des fois on se met la pression car c’est quelque chose qu’on aime faire et on a envie que ce soit toujours le cas. On ne veut pas se dire “roh là il est minuit” ou se plaindre. Donc on prend le temps, c’est pas notre gagne-pain, c’est quelque chose qu’on aime faire et on veut que ça reste comme ça. 

Lunaticharlie – Lors des tournages, vous vous filmez tous seuls ou quelqu’un d’autre vous filme ? 

Matipa – On se filme chez Océane du coup, on a un beau cadre et on est tranquilles. Du coup on filme avec mon téléphone et un micro et c’est tout. On a une “ring light » mais pas de matériel particulier. 

Océane – Parce que voyez vous on est fauchés (rires)

Matipa – Oui on a pas de caméras pour le moment. Lorsqu’on filme on regarde, on se dit qu’on pourrait séquencer la vidéo de telle façon, à tel moment par exemple. Ensuite on met tout dans notre drive et Océane fait la partie montage, mon ordinateur n’est pas assez puissant pour supporter (rires) et donc elle se charge d’éditer la vidéo et moi je cherche les images à rajouter dans la vidéo, enfin j’essaie de lui mâcher le travail pour pas qu’elle ait à tout faire. 

Océane – Après c’est Matipa qui gère surtout la partie Instagram, il rédige les posts etc…

Matipa – A côté de tout ça, on fait aussi des playlists dans les périodes assez creuses pour maintenir les gens en haleine comme par exemple une playlist pour la victoire du Sénégal à la CAN ou la St-Valentin.

Lunaticharlie – Et jusqu’à présent est-ce qu’il y a une aire culturelle ou genre musical qui vous a le plus marqué lors de vos recherches ? 

Océane – Personnellement mon épisode préféré reste celui sur Oumou Sangaré, je pense qu’il y avait juste une bonne vibe, c’était fluide, c’était cool, c’est une tata que j’aimais bien (rires). On s’est rendus compte qu’on l’aimait beaucoup du coup à la moindre occasion on parle d’elle, ON EST LÀ !

Matipa – Moi en étant congolais (rires) j’aime beaucoup l’épisode sur la rumba parce que rien que d’un point de vue objectif en termes de rendus on s’est beaucoup améliorés quand on voit la différence des épisodes 1 à 3 même entre les deux premiers, c’est le jour et la nuit en termes de rendus visuels ou de sons ou même de d’animations. Et la rumba à titre personnel, même si j’ai grandi dedans, il y a énormément de choses que je ne connaissais pas et que j’ai apprises. Il y a beaucoup de liens avec la politique dont je n’avais pas vraiment conscience, dans même la plupart des musiques qu’on a évoquées, mais concernant la rumba la politique est très importante et a un grand impact. 

Lunaticharlie – Est ce que ce projet vous a rapproché de vos origines ? 

Océane – Donc moi je suis béninoise (rires) donc je vais dire les termes ce qui est chiant. Donc je suis une grosse passionnée de musiques et on parle de musiques afrodescendantes et le Bénin n’est pas un pays avec un rayonnement musical comparable au Congo tu vois. Du coup j’aime bien défendre le Bénin et on a pas encore fait d’épisode sur le Bénin ou des artistes béninois, par contre ce qui est intéressant c’est qu’on a beaucoup d’a priori sur l’Afrique de manière générale, sur nos parents et comment ils vivaient. J’ai un exemple précis : Oumou Sangaré qui est une femme malienne, il y a beaucoup de préjugés sur les maliens, sur le patriarcat et sur le fait que les femmes expriment moins certaines choses et ont moins le droit. Et pourtant dans une chanson qui s’appelle “les frissons de la passion” (Diaraby Nene) où l’on constate qu’Oumou parlait de sujets tabous (sexuels). Il y a pas longtemps on a reproché à Aya Nakamura qu’en tant que “westaf” (personne originaire d’Afrique de l’Ouest) de parler de sexualité. Mais en écoutant et en regardant les paroles de la chanson d’Oumou on s’est dit que c’est une avant-gardiste. Elle disait “les termes”, on l’a vu il n’y a pas longtemps en concert donc moi j’ai vu comment elle chantait cette chanson très à fond, c’est une musique qui a touché tout le monde et ON NOUS MENT (rires) vraiment on nous ment.

Matipa – Surtout qu’à l’époque en 1989 elle a avait 19/20 ans…

« C’est important pour nous de mettre en avant la complexité, la valeur portée derrière et pas résumer ces musiques à des stéréotypes qui ne traduiraient pas la réalité de ces musiques »

Matipa

Océane – Elle était jeune et elle osait parler de certaines choses qui sont culturellement taboues et pourtant aujourd’hui on considère toujours qu’une chanteuse malienne ne peut toujours pas parler de sexualité. Donc j’apprends beaucoup de choses en regardant de plus en plus la réalité malgré les a priori qu’on a. 

Matipa – Et même de manière plus générale, je sais que pour l’Afrique de l’Ouest surtout la partie Mali ou Sénégal, il y a beaucoup de préjugés à résumer leurs musiques aux percussions et qu’elles n’auraient pas de complexité ou de sens et valeurs. Je sais que les musiques sénégalaises sont souvent associées au bruit alors que c’est faux. Pour Oumou Sangaré on parlait du Kamelengoni, on a dit que c’est instrument utilisé par les chasseurs enfin il y a beaucoup de symbolique, ce n’est pas juste du bruit et ça a du sens. Et je pense aussi à une autre histoire d’une fille qui était au Sénégal et qui était dans un taxi avec une femme blanche et ils écoutaient du Mbalaxh (musique traditionnelle sénégalaise) et elle a dit “mais pourquoi vous écoutez toujours le même son” et la fille a répondu en disant “ non mais tout à l’heure on a mis du Youssou Ndour, ce n’est pas le même son en fait », c’est juste un point de vue stéréotypé et détaché des gens qui peuvent assimiler ces musiques à du bruit, “de la musique de noirs”. Donc c’est important pour nous de mettre en avant la complexité, la valeur portée derrière et pas résumer ces musiques à des stéréotypes qui ne traduiraient pas la réalité de ces musiques. 

Lunaticharlie – Bon c’était tout pour moi, je ne sais si vous avez des questions ou des éléments à rajouter ? 

Océane – Non en tout cas c’est un projet que je suis super contente de mener avec Matipa..

Matipa – Moi aussi ! 

Océane – C’est une collaboration qui est fluide et simple. Je sais que quand on collabore avec des personnes on doit prendre en compte la personnalité mais je trouve qu’avec Matipa ça glisse.

Lunaticharlie – Bon après ça fait longtemps que vous vous connaissez aussi 

Oceane et Matipa – C’est vrai ! 

« Soyez fiers de qui vous êtes, faîtes des recherches et cliquez ! « 

Matipa

Océane – Après tu vois j’ai des amis avec qui ça aurait été plus compliqué de collaborer sur ce projet parce que les personnalités ne collent pas. Mais ça veut pas dire que je vous aime pas hein (rires) mais avec Matipa ça match. 

Matipa – Oui franchement il n’y a pas de complications, ça se passe super bien comme on l’a dit au début et la collaboration s’est faite naturellement. Et je sais que je prends plus de plaisir à faire ce projet qu’à travailler. Le taff c’est très fatiguant mais même quand je rentre chez moi fatigué ben je prends du plaisir à éditer, à faire des recherches pendant des heures. On en rigole mais parfois je suis dans le drive à 2h du matin et Océane voit à quelle heure j’ai modifié. Des fois je m’ennuie et je suis là à travailler dessus. Donc ça m’intéresse et me passionne même donc voilà on verra où ça nous emmènera !

Lunaticharlie – Qu’est ce qu’on peut vous souhaiter à vous deux et à votre projet ? 

Matipa – Du rayonnement, de la réussite, même pas matérielle mais que le projet puisse intéresser d’avantage de personnes et que plus de personnes se connectent à leur patrimoine et nouer avec leur africanité et leur héritage. Soyez fiers de qui vous êtes, faîtes des recherches et cliquez et puis voilà ! 

Océane – Ah j’ai rien à ajouter ! 

Lunaticharlie Merci à vous ! 

Matipa – Merci à toi vraiment !!

Votre curiosité vous a mené à finir cet entretien qui je l’espère l’avez trouvé passionnant. On se revoit très bientôt pour de futurs articles !

Lunaticharlie

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2 commentaires sur “« regard sur le passé » : à la rencontre d’océane et matipa (entretien)

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