Un printemps à Hong Kong : une tendre chronique d’un premier amour sur le tard

Source : Google Images

C’est un article spécial que je publie aujourd’hui, car il n’a pas été écrit par moi. Il y a un mois j’ai été sollicitée par Gautier Blz, étudiant en lettres modernes, via le groupe Facebook du prix Cinéma Etudiant de France Culture de cette année. Gautier m’a proposé plusieurs critiques de films de sa part. Aujourd’hui c’est très honorée que je publie sa critique sur le film Un printemps à Hong Kong (2019). Merci encore Gautier et bonne lecture à vous.

Réalisé par Ray Yeung, Un printemps à Hong Kong suit la relation amoureuse de Pak (joué par Po Tai), chauffeur de taxi et Hoi (joué par Yuen Ben), retraité. Hong Kong qui est souvent dépeinte comme dense, furieuse, agitée et démesurée, est ici filmée sous le prisme de la quiétude et de la tendresse, comme si l’on se plongeait dans un tableau impressionniste de Monet

Pak pourrait être à la retraite mais il travaille encore comme chauffeur taxi, calme en apparence, il étouffe sous le poids des mensonges et des traditions. Son quotidien semble n’être qu’une ritournelle éternelle dans laquelle las il déambule, partagé entre sa voiture et son intérieur. Lui et sa femme sont comme un couple d’amis qui se connaissent plus qu’ils ne s’aiment. Un beau jour, au hasard d’un banc, il découvre Hoi, un retraité, du même âge que lui, pour lequel on lui sent d’entrée une attirance. 

Les deux hommes s’apprivoisent et se lient rapidement l’un pour l’autre d’un amour sincère. Chacune de leur échappée émeut et touche par sa beauté, tout n’est que délicatesse et attachement. Hoi, qui vit sous le même toit que son fils et sa belle-fille tente de désinhiber Pak en l’emmenant dans des endroits réservés à la communauté LGBT+ dans lesquels clameur et émois cohabitent, offrant des parenthèses sensuelles et érotiques filmées avec une berçante suavité. La naissance de leur idylle ressemble à celle d’un premier amour, un premier amour sur le tard, après une vie contrainte au mensonge et à l’hétérosexualité pour survivre et rester dans les normes. 

En apparence simple, le scénario d’Un printemps à Hong-Kong se révèle dans l’assujettissement de ses protagonistes à une société patriarcale et traditionaliste chinoise, dans laquelle leur amour n’est voué qu’à rester “secret”. C’est en filmant l’antonymie entre l’assentiment des enfants respectifs de Pak et Hoi et leurs conjoint.es et la désapprobation de l’homosexualité qui contraint leur idylle à la clandestinité que le film isole et dénonce un mal-être général pour ceux qui doivent suivre pour survivre.  L’engagement du film se lit à travers le groupe de parole pour senior gays qui souhaite la première maison de retraite pour homosexuels, dénonçant ainsi l’homophobie prégnante qui prédomine une société chinoise pourtant axée sur la contemporanéité de sa modernité. 

CONCLUSION

Source : Google Images

Un printemps à Hong-Kong est un film délicat, doux, enchanteur malgré la dureté qui le jouxte ; défendre ses droits, vivre normalement et aimer une personne du même sexe que soit est encore sujet à la controverse. Hoi et Pak s’aiment, s’apprécient, s’estiment, pourtant ils sont astreints à garder cette attirance, cette attraction et ce désir secret. Le respect et la piété avant le plaisir et le bonheur, quitte à vagabonder dorénavant avec une affliction muette. 

Merveilleux comme cruel, Un Printemps à Hong-Kong est le stigmate de sociétés tournées vers la modernité mais ancrées dans la tradition. 

Gautier Blazewicz.

Vous pouvez retrouver Gautier Blz sur Facebook et Twitter.

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