Braindead : une intelligente satire de l’influence absurde de la politique américaine.

Image venant de Pinterest

En pleine épidémie du COVID-19 et ayant fini la série il y a quelques jours, je pense que cet article est bien tombé. Après que ma famille me l’ait recommandé, j’ai regardé la série en replay sur M6 en quelques soirées et j’ai clairement été charmée. Braindead (2016) série américaine réalisée par Robert King et Michelle King (créateurs de la série The Good Wife) et originellement diffusée sur la chaîne américaine CBS, mélange thriller, drame et humour noir. Malgré son casting excellent, la série n’a pas eu la gloire qu’elle aurait dû avoir et s’est arrêtée après une saison. La série émet des messages importants concernant l’absurde médiatique à l’aube de chaque élection américaine et les jeux d’influence et d’image qui ont lieu lors de chaque élection présidentielle ou à plus petite échelle.

SERIE POLITICO-POLICIERE AVANT TOUT

Comme toute autre série avant elle, Braindead rentre dans les cases du genre de la bonne série politique et policière. Meurtres, coups bas, cachotteries, la série implique les « clichés » redondants de la série politique nord-américaine de base. Les acteurs et actrices sont habillés de couleurs sombres pour appuyer le contexte sérieux de la série, qui se déroule principalement dans le Capitole à Washington. La série prend place durant la course à la Maison Blanche de 2016. À l’aube des élections présidentielles de 2016 et donc de la candidature « grandiose » de Donald Trump, la série nous présente sous le coup d’un humour décalé et jouant sur les sciences cognitives, comment l’opinion publique et comment les élections américaines monopolisent ses citoyens venant à en perdre la raison.

LA POLITIQUE OU L’APOLOGIE DES OPINIONS

Le personnage principal de la série est Laurel Healy (jouée par Mary Elisabeth Winstead). La jeune cinéaste aux documentaires ethnographiques est de retour à Washington car elle n’a plus les moyens de financer son dernier documentaire qu’elle tourne dans une société « traditionnelle » en Océanie (Iles Salomon). Son père lui pose un dilemme : je finance ton documentaire et en contre partie, tu intègres le bureau politique de ton grand frère Luke Healy (sénateur démocrate, joué par Danny Pino) et tu l’aides dans sa course au pouvoir. Laurel totalement apolitique et aux idées « altermondialistes » se laisse prendre au jeu. Très vite, elle fait fasse aux problèmes de n’importe quel/quelle politicien/politicienne : les affaires quotidiennes et demandes d’aide de tout ordre de citoyens. Laurel jeune arriviste est aussi très vite confrontée à ses adversaires purs : les Républicains. Partageant le même bâtiment qu’est le Capitole, la jeune femme est au centre de la politique américaine et de ses problèmes. Le boss des Républicains Red Wheatus joué par le talentueux Tony Shalhoub, est la caricature type du bonhomme de droite : futé, dans la cinquantaine et avide de pouvoir. Jamais à court de moyens pour gagner un débat devant le Congrès, Red est érigé en parfait ennemi à abattre. Mais ce n’est que le début. Laurel, tout comme quelques habitants de la ville, se rend vite compte que quelque chose cristallise littéralement les pensées des gens, quitte à rendre les habitants de Washington totalement inconscients et sans éthique.

LA SYMBOLIQUE DES FOURMIS

Le Capitol en est envahi par ces petites bestioles. Le Sénateur Wheatus est l’une des premières victimes de ces insectes, qui se reproduisent et infestent les habitants au travers de fleurs de cerisiers. Lorsque le républicain est infecté, il en perd la tête. Sans exagérer, une partie de son cerveau lui sort par les oreilles. Sa cognition et tout simplement son bon sens ont totalement disparu. Et les insectes n’ont pas fini d’envahir la ville et le Capitole. Républicains et démocrates sont à leur merci. Les idéologies et opinions sont exacerbées, tout est politique, rien que politique. Il ne s’agit plus de faire les choses bien mais de passer par le prisme de l’extrême, quitte à mettre en péril des lois et règles simples et donc mettre en péril le pays entier. Ces fourmis qui pénètrent dans le crâne des gens symbolisent tout simplement l’hégémonie qu’à la politique américaine sur ses habitants et même sur le monde entier. Ses stratégies, ses stars qui soudainement se sentent partisantes et viennent soutenir leur candidat favori, chaque élection américaine est une longue pièce de théâtre digne de Shakespeare. Tous les 4 ans, le monde occidental est en apnée. Ces fourmis en dévorant et dérangeant la partie neurologique des personnes les plus hautes placées du pays, prennent en otage leur sens critique et tout simplement leur part de singularité qui font d’eux des êtres de pensée et capable de réflexion. Les infectés sont comme obnubilés et se caractérisent par un nouveau mode de vie « sain » prônant la course à pied et un régime à base de légumes. Ils sont simplement sous contrôle. Et tout ce qui n’est pas « sérieux » tel que n’importe quel loisir comme la musique, n’est pas concevable et perçu comme irrationnel.

Braindead qui signifie en français cerveau mort, arrive à tourner en dérision ce monde sérieux qu’est la politique américaine. Au sein du Capitole, du nerf politique américain qu’est Washington, les égos en surchauffe, s’affrontent et s’effritent pour imposer une vision du monde et de leur pays. C’est ce que la série met bien en lumière, au final les citoyens américains n’ont peu de choses à dire dans la série. Eux aussi sont infectés et ne pensent que politique. On les voit mais on ne les entend quasiment pas. Washington est curieusement bipolarisée entre gauche et droite et ne pas prendre parti est très dangereux. Les clairs d’esprits ou les personnes allant à contre courant sont écartés (oui elles sont tuées ou infectées).

Braindead est au final une excellente série qui par son aspect politique, critique certains maux des sociétés occidentales mais surtout américaine. La victoire de Trump il y a presque 4 ans, a choqué le monde entier mais en même temps, la plupart des médias ont participé à la propagation de ses idées. C’est ce que la série démontre : à force de vouloir censurer quelque chose, le contraire se produit. Car au final « all publicity is good publicity » bonne ou mauvaise critique, le but est d’influencer par tous les moyens.

Donc mes chers et chères ami.e.s, aux prochaines élections, faîtes attention à vos cervelles, elles sont précieuses et enviées.

Photo de l’acteur Johnny Ray Gill jouant Gustav Triplett. Tous les moyens sont bons pour se protéger. Image Google.

Lunaticharlie.

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