Être noir(e) dans l’industrie et les communautés K-POP (Interviews)

Photo de Clyde Williams, lui-même à Séoul.

*Je vous invite vivement à lire l’article sur ordinateur.

La musique populaire coréenne ou plus communément appelée la K-POP est une musique industrie plus qu’influente surtout depuis ces 10 dernières années. Véritable empire culturel et musical, la K-POP concentre un soft power indéniable. De l’Europe aux Etats Unis, partout où ils passent, les célèbres groupes de K-POP masculins et féminins tels que BTS, ITZY, EXO ou encore BLACKPINK déchaînent les foules et défraient la chronique lors de leurs passages télés dans les cérémonies télévisuelles occidentales. Il est tout à fait normal qu’à la vue de leur influence, les plus jeunes et les jeunes adultes comme lors de l’ascension des pop stars occidentales des années 2000, instaurent des comportements culturels, comme le mimétisme des chorégraphies ou des styles vestimentaires. Comme l’explique l’universitaire et chercheur Ingyu Oh dans son article « The Globalization of K-POP : Korea’s in the global music industry » paru en 2013, l’auteur démontre que la K-POP révèle un tournant majeur de la pop culture actuelle, je cite :

« The dominant explanation behind this unique cultural phenomenon
rests on the concept of cultural hybridity or Pop Asianism (i.e., continuation and expansion of Japanese, Chinese, and Indian subcultures in the global cultural market). I argue that the globalization of
K-Pop involves a much more complicated process of globalizing localizing-globalizing musical content that originates from Europe
than what hybridity or Pop Asianism arguments suggest
« .

La K-POP est un paradigme culturel. Il semble tout à fait normal que cette culture dépasse les frontières de l’Asie de l’Est. D’Arjun Appadurai à Ian Condry, plusieurs anthropologues surtout de l’école post-coloniale et de l’anthropologie culturelle expliquaient déjà, il y a plus de 20 ans cette aversion au multiculturalisme et aux échanges culturels globalisés de nos futures sociétés. Dans cet article, je donne la voix à deux personnes, membres de deux groupes de danses et cover français, Clyde Williams et une autre personne, qui veut garder son anonymat. J’ai posé plusieurs questions à ces deux personnes, à différents moments, notamment sur leur place en tant que personnes noires dans cette industrie.

INTERVIEW

Dénominations pour l’interview :

M = Lunaticharlie ; A = Anonyme ; Clyde = C.

M : Bonjour à vous deux. Dans un premier temps, je vous remercie pour votre présence. Et dans un deuxième temps, je vous demande de vous présenter et de nous expliquer vos parcours professionnels. Et Enfin, comment vous avez été introduits à la K-POP.

A : Alors, j’ai fait un bac ES et maintenant je suis en école de commerce à Paris. Et je suis dans un groupe de danse qui fait des covers K-POP.

Clyde.

C : Je m’appelle Clyde, j’ai 26 ans. J’ai commencé par des études de lettres modernes à la Sorbonne. J’ai fait une double licence d’anglais-japonais qui s’est terminée en master d’études de médiations internationales en gros. Et du coup, j’ai été introduit à la K-POP en tombant sur un clip sur Youtube, qui s’appelle « Lucifer » du groupe SHINEE (rires) et j’ai beaucoup aimé. C’était en 2011 il me semble. J’ai bien aimé ce clip, j’ai par la suite découvert d’autres clips. Toute juste après, j’ai vu qu’il y avait une soirée centrée sur les musiques K-POP à Paris et j’y suis allé. C’est à cette soirée que je me suis fait pas mal des ami(e)s que j’ai maintenant. Il y aussi les conventions Paris Manga ou encore la Japan Expo, où il y avait toujours un petit corner K-POP et j’ai pu y rencontrer des gens.

M : Quand avez vous commencé à danser dans vos groupes respectifs ?

A : J’ai commencé les covers en 2015 mais j’ai intégré mon groupe en 2016. Donc je suis active depuis 2016.

C : J’ai commencé à danser dans des groupes en 2011/2012 très rapidement. J’ai antérieurement fait plusieurs années d’hip hop et street jazz aussi…même si j’étais pas très bon. J’ai commencé à danser dans un petit groupe que j’avais formé avec des amis qui s’appelait NAPUNKAJOK, ensuite j’ai dansé dans un groupe qui s’appelle DSQUAD pour ensuite créer mon propre groupe qui s’appelle PINK CLOUD. J’ai créé PINK CLOUD il y a environ 3/4 ans.

M : Vos groupes respectifs ont-il engendré un impact quel qu’il soit sur vos vies et celles de vos entourages ? Des répercussions positives et négatives ?

A : Au niveau de ma vie personnelle, j’ai moins de temps pour moi parce que je suis en école de commerce et qu’on a beaucoup de dossiers à rendre et de devoirs à faire. Heu, à côté, mon groupe prend beaucoup de temps et d’espace dans mon temps libre et du coup, j’ai peu de temps de sommeil aussi. Mais à côté il y a beaucoup d’opportunités et de bénéfices comme dans l’industrie du divertissement et on se fait beaucoup plus de contacts. Il y aussi une sorte de famille qui se créée, et bien sûr, il y a la passion de la danse qui reste quoi.

C : Le groupe a un impact très fort sur ma vie. En m’occupant du groupe j’ai rencontré beaucoup de gens qui sont maintenant mes amis les plus proches, que je compte comme ma famille. C’est un peu une famille que je me suis créé. On a fait pas mal de choses ensemble. Cela m’a permis d’avoir de l’expérience en terme de gestion de projets, de création, de réalisations de vidéo et montage, de danse. J’ai appris beaucoup en terme de stylisme aussi. Et j’ai bien sûr découvert pleins de musiques et j’ai beaucoup voyagé grâce à ce groupe, par des moyens directs notamment plusieurs fois en Corée du Sud ainsi qu’en France à Lyon, Rennes principalement. C’était les répercussions positives. Concernant les répercussions négatives, dans tous les travaux en équipes il y a du stress, des désaccords, il y a des problèmes parfois, mais rien de vraiment grave me concernant.

M : Au niveau familial rien a changé?

C : Non rien a changé.

M : Vous êtes vous dès le départ sentis acceptez par la communauté KPOP? Quelle est d’après vous, votre place en tant que personnes noires dans cette industrie?

A : Au départ, j’avais pas d’a priori dans le fait d’être noire dans la K-POP, j’y pensais même pas, j’aimais juste la danse et la musique. Mais aujourd’hui, être noire c’est tout un combat dans la K-POP, entre les fans, les artistes etc il y a beaucoup de préjugés, de racisme et de colorisme (hiérarchisation des couleurs de peaux, où les peaux foncées sont perçues comme moins jolies) aussi au sein de cette communauté. J’ai l’impression que tous les jours quelque chose de nouveau contre les noir(e)s émerge, c’est un peu fatiguant d’ailleurs de devoir toujours se battre et éduquer les gens. Après, je pense qu’à ce niveau là c’est vraiment nécessaire.

C : Dans la communauté K-POP et surtout française qui est très diversifiée, à l’image de la France, j’ai pas ressenti de problèmes, ni vrais soucis. La communauté K-POP est en elle même une communauté marginale, très souvent vue de haut et amenée à subir des remarques et clichés. La K-POP est très vendeuse mais reste peu connue, donc on voit les personnes de cette communauté comme des allumés. On a crée ce cocoon à l’abri du jugement des autres et de la masse…

M : Tu parles des personnes dans la culture K-POP mais pas forcément d’origine coréenne ou asiatique ? Ou tu parles des coréens du Sud eux-mêmes?

C : Je parle de tout le monde. La plupart des sites coréens qui ont été amenés à voir ce que l’on fait en France, ont d’abord été surpris et très flattés de voir qu’on s’intéresse à leur culture. On a explicitement rien qui nous lie les uns aux autres au premier abord. Même si la K-POP est très inspirée d’autres cultures, dont on parlera plus tard dans l’interview. Reste que la K-POP vient purement de Corée du Sud. Donc je n’ai pas perçu de réactions négatives. Après comme partout en ce monde, il y a des personnes qui n’aiment pas les étrangers et la différence. Il y a de tout, partout. Je ne pense pas que la communauté en elle-même m’ait totalement rejetée.

M : Pensez-vous qu’il y a une omerta concernant le racisme dans l’industrie k-pop, allant des fans aux artistes eux-mêmes et aux médias sud coréens et asiatiques? Si oui, devez vous implicitement la respecter?

A : Heu… bien sûr qu’il y a une omerta sur le sujet du racisme dans la K-POP. Déjà avec les artistes qui entre eux se créent une hiérarchie et un idéal de beauté au niveau de la peau claire, les artistes plus foncés sont beaucoup plus critiqués que les personnes avec la peau claire. On les pousse un peu à se blanchir la peau, il y aussi les idols (célébrités de l’industrie K-POP) qu’on photoshoppe pour qu’ils aient l’air plus clairs, alors que leurs peaux sont beaucoup plus caramels qu’il n’y paraît, au niveau des fans, beaucoup se permettent d’être racistes avec d’autres fans de la même fandom (groupe de fans propre à un phénomène ou une personne), parce qu’ils se sentent un peu légitimes, je ne sais pas d’où ça sort d’ailleurs d’avoir ce genre de comportements. J’ai vu des gens qui se faisaient appeler « gorilles », « négros », venant de coréens ou fans internationaux, qui se permettent car comme les standards de beauté sud coréens sont sur la peau clair, beaucoup se sentent supérieurs aux personnes noires.

C : Je pense pas qu’il y ait une omerta chez les artistes. Je pense que ça relève plus d’une ignorance inexcusable qu’ils ont, même si la Corée du Sud est un pays très connecté. La Corée du Sud a de très, très faibles connaissances de tout ce qui n’est pas coréen. Cela ne concerne pas forcément les personnes dîtes « racisées » ou non blanches, les coréen(ne)s ont des clichés sur tout le monde : des Français, aux Chinois, en passant par les Espagnols ou les Mexicains, les Camerounais, les Ivoiriens, les Inuits, ils ont des clichés sur tout le monde. Ils ont ainsi une vision très marquée et imagée de tous les peuples non coréens. Il ne s’agit pas d’omerta mais plus d’ignorance. Mais comme cette ignorance est totale et démocratisée on va dire, c’est pas quelque chose que la masse relève comme étant un problème et donc ça continue. La scène internationale y travaille à sensibiliser le maximum de personnes possibles, comme nous sommes très connectés. Les choses évoluent petit à petit. Même si on reste optimistes, l’ignorance est très présente. Après je ne pense pas que ce soit une omerta, dans le sens où c’est quelque chose qui n’est pas volontaire ou imposé. Chez certains fans on retrouve tout de même ce silence, comme on l’a vu lors de la montée du mouvement Black Lives Matter, en mai dernier. Certains fans s’employaient fortement à essayer de réduire l’impact de ce mouvement au profit d’une opération promotionnelle qui favorisait leurs artistes. Exemple : beaucoup de fans du groupe BTS demandaient à ce que l’on arrête de parler de Black Lives Matter, parce que le mouvement semblait moins important que BTS. Ce qui est complètement scandaleux pour moi car BLM est un sujet qui est censé toucher tout le monde. C’est lorsque que l’artiste soutient lui même le mouvement comme BTS l’a fait, un peu tard je l’avoue, que les fans ont commencé à s’aligner. Pas mal de fans de K-POP étaient dans l’étouffement de BLM.

M : Et tu penses que tu dois participer à ce tabou?

A : Je pense qu’il faut vraiment en parler et ouvrir des champs de discussion sur ce sujet pour les gens puissent s’éduquer et comprendre qu’on est tous égaux en faite. Et surtout que cette culture K-POP n’existerait pas telle qu’elle est aujourd’hui sans les cultures dîtes noires.

M : Les groupes de K-POP célèbres comme BTS ou BlackPink sont souvent accusés d’appropriation culturelle dans leurs vidéos et chorégraphies, « empruntant » souvent aux cultures afro-américaines et africaines. Dans un monde globalisé et métissé, trouvez-vous ces accusations légitimes?

(*appropriation culturelle : utilisation d’éléments d’une culture ou sous-culture d’une culture dominante à des fins commerciales vs *appréciation culturelle : échange culturel et égalitaire entre les deux partis et fait dans le respect).

A: Les accusations d’appropriation culturelle sont toujours légitimes si elles viennent des personnes à qui appartiennent les cultures. Qu’elle que soit la culture : nord africaine, noire américaine, indienne, latina, si on vous dit que c’est de l’appropriation culturelle, c’est de l’appropriation culturelle. Vous avez pas le droit de vous offusquer à la place des gens, de leur dire comment réagir à ce qu’ils voient si ça les concernent. Et, les groupes comme BTS ou BLACKPINK qui font de l’appropriation culturelle que je trouve très grave, car ils ont une influence incroyable. Ce n’est souvent pas de leur faute mais souvent celle de la direction artistique qui laisse à désirer. L’exposition du groupe vient à légitimer ce genre de comportements à une échelle mondiale. Comme leurs fans suivent beaucoup leurs artistes, parfois et souvent aveuglément, s’ils voient leurs artistes en train de le faire, c’est qu’ils ont forcément raison, point à la ligne. Encore BTS ça peut aller parce qu’ils ont souvent fait la démarche de s’éduquer sur ce genre de sujets, à leur début ils ont fait une télé-réalité où ils sont partis aux Etats Unis pour mieux comprendre la culture hip hop/rap. Ils ont même fait des chansons qui faisaient l’éloge de « l’Afrique ». L’appréciation et l’appropriation sont deux choses complètement différentes. À partir du moment où tu crédites et dis que ton influence vient de là, ça a tout de suite une dimension complètement différente.

Au lieu de t’approprier quelque chose qui n’est pas à toi, tout de suite on voit que tu as une démarche. Si tu veux vraiment te renseigner sur la différence entre appréciation et appropriation, c’est très simple. Tu vas sur Wikipédia, où il y a des définitions très simples et claires dessus. Arrêtez de demander aux noir(e)s de vous éduquer sur ces sujets là, on en sait pas forcément plus que vous. Vous en saurez toujours plus en cherchant sur Internet, qui est votre ami. Tu cherches et tu te renseignes. Et rien que d’avoir fait cette démarche de recherche, ça montre que t’apprécie et non que tu t’approprie. Ah aussi, aujourd’hui les gens confondent souvent la « black culture » avec la « pop culture ». Par exemple, c’est pas parce que le « durag »(couvre-chef visant à protéger les cheveux crépus, les tresses ou encore les dreadlocks des hommes et femmes afro-américains) est devenu mainstream que tout le monde a le droit d’en mettre. C’est mainstream chez les personnes noires et afrodescendantes et il y a une histoire derrière. Les gens traitent le durag ou les braids (tresses) comme des jeans tailles hautes et un crop top, ça n’a rien à voir. Le durag et les braids sont particuliers à la culture afro-américaine. Notamment les tresses, qui sont des alternatives au fait que les personnes afro-américaines ne pouvaient porter leurs cheveux naturels. Tu peux pas t’approprier le poids et l’histoire qu’il y a derrière. Ne t’approprie pas le bénéfice et l’esthétisme aussi.

C : Ah totalement. Je pense que dans un monde globalisé, où tu es une star et que tu empruntes à des cultures, tu es censé(e) SAVOIR. L’information se trouve très rapidement. Ce qui est parfois triste surtout pour BLACKPINK, est que c’est leur équipe qui s’occupe de leur contenu virtuel. Le groupe a une équipe incroyable, qui génère des millions, c’est donc anormal que cette même équipe ne fasse pas le travail de recherche, de la musique à la danse ou même aux éléments visuels. Dans le dernier clip de BLACKPINK nommé « How You Like That », on voit une statue qui je crois est de culture hindoue, posée parterre, ce qui est un grand manque de respect. Si tu as les moyens de prendre cet élément sacré dans un décor, tu as les moyens de savoir ce que c’est et de te renseigner. Donc oui, les accusations sont belles et bien fondées. Et c’est quelque chose qui ne devrait plus être excusé.

Image issue du clip « How You Like That » du groupe BLACKPINK, on voit en bas à gauche une statue de la divinité Ganesh, placé sur le sol.

M : Enfin, vous êtes vous sentis heureux de pouvoir vous exprimer a minima et publiquement, ce sur sujet? À l’avenir, que souhaitez-vous à l’industrie et les communautés KPOP comme direction concernant le racisme et les stéréotypes à l’encontre des personnes noires?

A : Bien entendu ça m’a fait plaisir d’en parler c’est souvent un sujet qui est très tabou dans l’industrie de la KPOP et même plus récemment, Sam Okyere, une personnalité coréenne d’origine ghanéenne, s’est exprimée sur le blackface et on l’a fait s’excuser en Corée.

Photo de l’acteur Sam Okyere. Source : Pinterest.

Comprenez que le blackface c’est pas bien. Si vous ne savez pas, c’est que vous n’êtes pas éduqués sur le sujet et dans ce cas là il a raison. Mais les coréens l’ont de tout de suite pris comme une insulte, comme s’ils perdaient la face. Ne connaissant pas sur le sujet et venant de s’ouvrir au monde, il est maintenant normal que l’on vous éduque et dise les choses. Et s’il y avait vraiment cette démarche d’apprendre, les noir(e)s ne se sentiraient pas aussi mal dans la K-POP. Je pense que c’est un sujet très très important. Il faut en parler, les noir(e)s doivent en parler tout comme les coréens.

De plus, cela s’étend à toute la Corée voire à toute l’Asie et même au monde entier. Vu le soft power que la K-POP possède aujourd’hui, les messages qu’elle porte, pourraient toucher beaucoup de gens. Les groupes K-POP avec les plateformes qu’ils ont, pourraient atteindre plus de personnes s’ils faisaient vraiment l’effort d’avoir une réflexion sur le sujet. Et aussi, j’aimerais que ces groupes arrêtent de s’approprier et qu’ils apprécient les cultures noires et africaines avec les concernés, en les incluant. En rajoutant différents profils par exemple car aujourd’hui il y a beaucoup de groupes mais ils sont tous pareils. La seule chose qui change est le style de musique. Aujourd’hui on veut voir des profils diversifiés pas juste américano-coréen, car ça reste coréen faut arrêter. Pour une grande partie des coréens, les étrangers restent d’abord les occidentaux avec peut être les japonais. L’industrie K-POP discrimine beaucoup des personnes des cultures appropriées, comme avec l’Asie du Sud Est (Indiens, Desi). À partir du moment où t’es plus foncé de peau ou que tu ne rentres pas dans les attentes physiques de l’Asie de l’Est, on te discrimine très facilement. Il faut inclure des créatifs de ces cultures pour vraiment changer les choses. Aujourd’hui la K-POP n’est plus que pour la Corée et les coréens ne l’ont pas compris. Il y a maintenant différents étrangers qui viennent chez vous, des étrangers qui exportent votre culture. Mais aujourd’hui il faut qu’ils incluent ces différences. Les personnes noires donnent beaucoup mais reçoivent rien. Pour beaucoup de gens la culture c’est du partage, mais le problème c’est que les noir(e)s se partagent nos cultures au reste du monde et on y gagne rien. Tant qu’il n’y a pas d’égalité sur le sujet, on continuera d’en parler et de pointer du doigt. Au lieu de rechercher le profit, recherchez les profils.

C : Alors, je ne veux pas généraliser en disant que toutes les communautés K-POP et les artistes K-POP sont comme ça. Nous les fans noir(e)s sommes très vocaux quand ce genre de choses se produisent, ce n’est pas systématique. C’est pas manichéen, il y a du bon et du mauvais partout. Il y a parfois des erreurs, mais ce que je veux c’est que les artistes et l’industrie reconnaissent leurs erreurs, une fois commises. Qu’ils reconnaissent leurs tords mais aussi qu’ils agissent activement contre ça au lieu de rien dire.

M : Penses-tu que ce changement doit se faire au près des pop stars ou au niveau des managers car au final les pops stars ne sont pas réellement au contrôle ?

A: Je pense que le changement devrait toucher toute l’industrie. Les administrations devraient embaucher des personnes capables de comprendre ces enjeux. Et de leur donner la plateforme pour en parler et éduquer le maximum de personnes, de façon bienveillante. À partir du moment où on donnera les bonnes plateformes aux bonnes personnes, je pense qu’il y aura un vrai progrès. Sinon, le tabou autour du colorisme et du racisme persistera. Il faut qu’on se batte ensemble car le racisme ne touche pas que les personnes noires mais aussi bien les personnes d’origine asiatique. Les stéréotypes provenant des films et séries américaines sur les personnes noires sont essentiellement faux. Il faut combattre ce type de pensées et représentations qui touchent aussi l’inconscient de beaucoup de personnes en Corée. Les groupes de K-POP touchent l’international, mais ne s’intéressent que très peu aux pays qu’ils visitent. Personnellement, à leur place, je m’intéresserai aux coutumes et cultures des pays que je visite. Cet effort ferait plaisir aux fans. Aujourd’hui on est en 2020, il faudrait se réveiller et se lancer sur ce sujet.

C : Merci à vous deux.

Lunaticharlie.

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